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Dossier Michel Surya
En remontant le fleuve

juin 2022 | Le Matricule des Anges n°234 | par Thierry Guichard

Si elle prend sa source au cœur de gouffres effroyables, l’œuvre de Michel Surya a fait de la langue et de la pensée, les affluents majeurs d’un fleuve assez puissant pour irriguer toute la littérature.

Il y a ceci dans la postface que Michel Surya a signée dans la première édition d’Exit (Séguier), vif récit pornographique écrit en 1982 et publié en 1988 : « ce qu’il y a six ans, je pouvais encore écrire, je ne suis plus sûr que je le puisse aujourd’hui. Bien sûr, je le peux : mais au prix peut-être que j’effraie. La vérité oblige à dire que je crains d’effrayer à proportion de ce que moi-même parfois je le suis. » On pourrait y voir une coquetterie (la peur d’effrayer) quand c’est un aveu qu’il faut entendre (celui de l’effroi et d’en être saisi par nature, le « parfois » étant ici un euphémisme). Cet effroi, l’écrivain l’évoque dans le bel entretien donné à Mathilde Girard et publié par Encre marine (Défense d’écrire, 2018), mais en en renversant les effets, par la grâce de la littérature qu’il découvre enfant : « Les Hauts de Hurlevent n’est pas le premier livre dont les peurs m’ont marqué (…), mais il est celui dont j’ai aimé la peur qu’il répandait sur moi et sur tout. » Combien de lecteurs se sont d’abord reconnus dans un roman, un livre qui leur était comme destiné, alors même qu’ils doutaient de leur propre existence ? « Ce qui compte en effet, ce n’est pas tant l’état dans lequel j’ai commencé de lire, que l’état dans lequel lire m’a mis dès que j’ai commencé. Un miracle. Tout s’est d’un coup aboli de ce que je voulais voir s’abolir (appartenance, milieu, famille), et tout a pu commencer dont je ne savais pas même que l’existence était possible. » (Défense d’écrire). D’un côté l’effroi qui enferme, qui étouffe, qui pétrifie ; de l’autre l’effroi qui en se « répandant sur (soi) et sur tout » nous ouvre au monde avec délices (comme le fait la promesse sexuelle). Entre les deux, la littérature. Celle-là même dont Boèce, le narrateur du Monde des amants qui vient de paraître, attend qu’elle sauve : « c’est ce qu’il faut que fasse la littérature, si Dieu ne le fait plus. C’est ce qu’il faut que la littérature fasse ; il faut que la littérature sauve tout et tous, c’est-à-dire, il faut qu’elle relève. Il le faut pour que la résurrection elle-même soit possible. »
Effroi, résurrection et la littérature pour conduire de l’un à l’autre. Rien de moins. En 2001, lorsque nous étions allés le voir pour réaliser notre dossier de la rentrée (cf. Lmda N°36), Michel Surya avait balayé d’une plaisanterie amicale nos questions biographiques, nous laissant saisir dans les textes autobiographiques (Olivet surtout), la matière même de l’effroi pour en tirer des hypothèses sur l’origine de son écriture. Coquetterie, mimétisme blanchotien ? Il n’en est rien. Vingt et un ans après, il est plus facile de comprendre que l’erreur, justement, serait de fixer une origine à cette écriture à la fois singulière et héritière de toute une histoire de la littérature et de la pensée. Erreur politique aussi de vouloir attribuer l’œuvre, imposante, à la petite histoire individuelle d’un homme né en 1954 quand elle vient, cette œuvre, de plus loin, du Blaise...

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