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Domaine français La Symphonie atlantique

octobre 2024 | Le Matricule des Anges n°257 | par Thierry Guinhut

La Symphonie atlantique

Considérable est la dichotomie entre les tyrannies politiques et l’art, sauf si ce dernier devient un outil de propagande. Clemens en fait la douloureuse expérience, lui qui se voue à la musique allemande, alors qu’elle est dévoyée par le nazisme. Le jeune pianiste de La Symphonie atlantique opère sa « nymphose » parmi la Haute-Forêt-Noire, alors que bientôt c’est le violon qui l’enthousiasme, qui devient son âme menacée : heureusement l’officier de la Wehrmacht tonne : « Je vous exhorte de ne séparer en aucun cas le jeune Clemens de son violon ». Mais l’« uniforme noir », les « voyous des milices », les « agents de la police politique » ne cessent de rôder. Les auteurs juifs sont victimes d’autodafés, quand on prescrit à tous la lecture de Mein Kampf. À la terreur nazie s’ajoutent à partir de 1942 les bombardements alliés par des « forteresses volantes », pour tous effrayants, mais aussi susceptibles de rompre les dialogues entre un violon et un piano. Probablement l’angoisse de voir son instrument détruit est-elle plus puissante que la crainte de la mort. Car « la musique reste sourde aux harangueurs »
Élégiaque est le récit de la vocation de Clemens, que saccage un régime abject : « La musique habite un monde inaccessible, elle est comme l’âme des absents ». Entre la poésie de Goethe, d’Hölderlin, et les fureurs du Crépuscule des dieux wagnériens, le romancier compose une fugue néanmoins personnelle, aux accents psychologiques certains autour des « anamorphoses de l’adolescence », une histoire d’amitié, et un hommage aux artistes sacrifiés.
Fidèle à sa vocation, la prose d’Hubert Haddad est une fois de plus, après La Sirène d’Isé et L’Art et son miroir, ample, lyrique et envoûtante. Elle sait aussi être sombre, tragique, comme les temps aveugles de l’Histoire.

Thierry Guinhut

La Symphonie atlantique, d’Hubert Haddad
Zulma, 224 pages, 19,50

Le Matricule des Anges n°257 , octobre 2024.
LMDA papier n°257
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LMDA PDF n°257
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