L’œuvre majeure de ce philosophe est probablement La Société ouverte et ses ennemis, dans laquelle il met à nu les racines du totalitarisme antilibéral chez Platon, Hegel et Marx. Également sociologue, épistémologue, il s’intéressait aux sciences expérimentales, à la théorie de la connaissance, mais aussi, au travers d’une réfutation du relativisme, aux sciences politiques. Karl Popper (1902-1994) a cédé à la tentation d’une nécessaire autobiographie, du moins jusqu’en 1969, qui, comme celle de la vérité mérite bien son titre : La Quête inachevée. Né à Vienne, en Autriche-Hongrie, dans une famille de bibliophiles, il fut d’abord séduit par le marxisme, avant de dénoncer sa « pseudo-science ». Son ascendance juive le conduisit à émigrer en 1937 pour enseigner en Nouvelle-Zélande, avant de résider à Londres à partir de 1946. Il dialogue avec Einstein et Schrödinger, récuse « le progressisme en art », questionne « la validité des valeurs morales ». La démarche est évidemment narrative, mais aussi argumentative au service de sa pensée ; en ce sens il s’agit d’un document capital de celui qui professait : « le seul prétexte qui justifie une conférence, c’est de défier l’auditoire ».
Loin de ne s’intéresser qu’à ses brillantes recherches intellectuelles, il célèbre la musique polyphonique, celle de Bach et Beethoven. En dépit de ceux qui pensent que le monde est laid, il persiste : « Nous vivons dans un monde merveilleux ».
Thierry Guinhut
La Quête inachevée, de Karl Popper, traduit de l’anglais par Renée Bouveresse, Les Belles Lettres, 358 pages, 17 €
Essais La Quête inachevée
octobre 2025 | Le Matricule des Anges n°267
| par
Thierry Guinhut
Un livre
Par
Thierry Guinhut
Le Matricule des Anges n°267
, octobre 2025.

