La rédaction Richard Blin
Articles
« Une façon de parler pour quelques vivants »
Dans un livre qui tient de la fantasmagorie apologétique, et au terme d’une œuvre quasi achevée, Jean-Luc Steinmetz se retourne sur sa vie d’homme d’écriture, de poète mal – ou pas – entendu, mais porté par un désir constant de franchissements et d’affranchissements.
Aller aux choses mêmes, répondre aux sollicitations des réalités les plus immédiates, saluer la beauté, ralentir la fuite du sensible, miser sur des formes cherchant à rendre solidaires le sujet, le langage et le réel comme pour mieux y sertir ou y recueillir le bonheur de l’instant ; tout jouer sur des signes et sur le désir de refonder à neuf – autant que faire se peut – le champ du vivable, c’est ce à quoi s’est voué le poète qu’est Jean-Luc Steinmetz. Spécialiste de la poésie de la fin du XIXe siècle, auteur d’ouvrages de référence sur Rimbaud, Lautréamont, Mallarmé, Corbière, Petrus...
Accélérateur d’existence
Dans un livre où il rend justice aux femmes écrivains qui l’ont touché, François Kasbi nous livre les clés d’une esthétique de l’existence qui doit autant à l’heureux scandale de l’amour qu’à la lecture.
Lire, être amoureux, ces deux intensités, ces deux nécessités, François Kasbi a l’art de les concilier. Il sait, pour le vivre, combien peut être grande la porosité entre la vie et le roman. Et combien la femme de ses rêves existe puisqu’elle est l’écrivain femme qui le comble ou l’a comblé. (S’il écrit « écrivain » au masculin, c’est en gage de sa fidélité à Gabrielle Wittkop, qui y tenait,...
Le cri des poupées
En des textes à la croisée de l’érotisme et du sacré, Paloma Hermina Hidalgo déconstruit rageusement les liens unissant créatrice et créature, mère et fille, corps et esprit.
Avec Paloma Hermina Hidalgo pas de part muette, dérobée, insaisissable. Son écriture, qui procède par vagues, fugues, ruptures d’intensité, ne cesse de bousculer les représentations des différentes façons d’être femme tout en traquant le diabolique. De ce dernier, elle montre la tenaille, la dimension de possession, à commencer par la façon dont il habite l’ogresque amour d’une mère, qui...
Pierre Jourde, le désir d’absolu
Dans un roman saisissant d’ampleur et de virtuosité, l’écrivain montre ce qu’ont d’irréductible certaines singularités en même temps qu’il en fait des objets de fascination, d’amour, de répulsion. Entre extase noire et sublimité angélique.
Énorme roman très élaboré, livre-monstre où la grâce et la dissonance conjuguent leurs pouvoirs, La Marchande d’oublies est d’abord une architecture sonore, une cathédrale de discours, un livre où deux locuteurs principaux Alastair – le benjamin le plus doué et le plus violent de quatre frères d’une famille de clowns-acrobates de la fin du XIXe siècle – et Thalia, sa jeune sœur, racontent à...
Écrire la préhistoire
Dans un essai sur l’imaginaire qui se déploie dans les fictions préhistoriques, Pierre Schoentjes explore l’évolution de quelques grands thèmes comme la violence, la place des femmes, la mort, le rire et le racisme.
Plonger au cœur du « sombre abîme du temps » (Buffon), voyager dans la Préhistoire entendue ici comme un lieu et non une durée – celle qui va de la naissance du genre Homo, il y a environ 2,8 millions d’années jusqu’à l’invention de l’écriture il y a plus de 5000 ans –, s’enfoncer dans les grottes, s’imaginer homme – ou femme – des cavernes, les suivre dans leurs déplacements au sein d’une...





