La rédaction Richard Blin
Articles
« Une façon de parler pour quelques vivants »
Dans un livre qui tient de la fantasmagorie apologétique, et au terme d’une œuvre quasi achevée, Jean-Luc Steinmetz se retourne sur sa vie d’homme d’écriture, de poète mal – ou pas – entendu, mais porté par un désir constant de franchissements et d’affranchissements.
Aller aux choses mêmes, répondre aux sollicitations des réalités les plus immédiates, saluer la beauté, ralentir la fuite du sensible, miser sur des formes cherchant à rendre solidaires le sujet, le langage et le réel comme pour mieux y sertir ou y recueillir le bonheur de l’instant ; tout jouer sur des signes et sur le désir de refonder à neuf – autant que faire se peut – le champ du vivable, c’est ce à quoi s’est voué le poète qu’est Jean-Luc Steinmetz. Spécialiste de la poésie de la fin du XIXe siècle, auteur d’ouvrages de référence sur Rimbaud, Lautréamont, Mallarmé, Corbière, Petrus...
Le noir reliquaire d’un sillage de feu
Se réappropriant l’histoire malsainte d’un prêtre assassin, Hubert Gonnet a écrit un livre dont la sombre radiance tient autant à ce qui ne peut se dire qu’à la réalité sacrale du sexe féminin.
C’est d’un très long silence qu’est né Le Grand Scandale. Celui que garda lors de son procès, comme en prison, puis lors de sa réclusion dans l’obscurité d’une abbaye du Morbihan, le curé d’Uruffe qui, en décembre 1956 tua sa maîtresse – âgée de 19 ans et enceinte de ses œuvres – d’un coup de révolver avant de l’éventrer à l’aide d’un canif, de tuer le fœtus (âgé de huit mois et donc viable)...
Un livre
Patchwork
de
Christian Ducos
Le souci de la poésie
Recueil de notes ponctué de courts poèmes, Patchwork se nourrit de l’audace des créateurs qui affrontent la réalité à découvert.
Une minutie amoureuse dans l’art de nommer, une écriture nue, dépouillée de toute suffisance, une façon d’accueillir les mots, de les faire venir ou de se laisser surprendre par eux, elle séduit la parole de Christian Ducos telle qu’elle apparaît dans Patchwork, une suite de pensées mêlant le poème à la prose.
Un livre où chaque notation est séparée de la suivante par un espace – ce qui...
Des livres
Les Harmoniques originels
de
Pierre Cendors
Sacre du seul
de
Pierre Cendors
Une pure présence sauvage
Qu’il évoque des paysages qui disent « l’inépuisable force irrévélée » de la poésie, ou qu’il s’interroge sur la présence du sentiment poétique en l’homme et en dehors de lui, c’est leur part irréductible de mystère que cherche à capter Pierre Cendors.
S’il aime les lieux élémentaires, les lieux où l’on est loin de toute présence humaine, c’est que Pierre Cendors a fait de la grande solitude une condition et un état spirituel indispensables à la rencontre de la poésie en tant que présence sauvage. En quête de ce qu’il appelle les harmoniques originels, il a passé un mois entier, en solitaire et en immersion, dans des lieux abrupts et...
Et la peinture se fait événement pur
Bram van Velde ne croyait pas aux paroles mais à l’œil. À partir de la stupeur reçue de ses tableaux, Jérôme Thélot fait apparaître ce qui excède l’interprétation et déroge à la verbalité dans cette peinture empoignade.
Peintre de tableaux qui ne ressemblent à rien, artiste sans antécédent ni successeur, Bram van Velde était un taiseux qui ne pouvait s’exprimer autrement qu’en peinture. Né en Hollande, en 1895, et entré dès 12 ans dans une entreprise de décoration, il découvre en autodidacte la peinture de chevalet. Ce n’est qu’à partir de 1922, poussé par son patron qui l’aide financièrement et...



