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Entretiens Juliet, l’insoutenable légèreté de l’abîme

février 1994 | Le Matricule des Anges n°7 | par Dominique Sampiero

Un visage taillé dans la pierre. Un regard pour scruter au-dedans. Après le succès de L’Année de l’éveil et de Ce pays du silence, Charles Julier publie chez P.O.L. le quatrième tome de son Journal. Profondeur et simplicité de la voix.

De l’enfance, Charles Juliet n’a pas appris à aimer la solitude. Mais à s’en effrayer. Les monstres cachés dans les prairies et dans les arbres ne sont rien à côté de ceux qu’il découvrira enfouis en lui. Ou peut-être sont-ils les mêmes.
Juliet est d’une génération qui ne parle pas. Ou peu. Surtout dans les campagnes. Ce silence qui n’est pas le sien est dressé en lui comme un totem, un gardien, un grand chien noir prêt à le dévorer. Une force d’anéantissement présente à chaque seconde. Ecrire serait rompre ce dévorement, et du coup, le journal un travail de contrebande. Pas à pas.
L’écrivain n’est pas fasciné par la nuit, par le néant, comme Beckett, il est happé.
Il va prendre alors les particules de cet obscur, une à une, et les hisser à la lumière. Ni phrases, ni poèmes, mais les pépites dures de l’être : le plus précieux qu’un homme puisse sauver au moment où tout l’anéantit.
D’une timidité adolescente, il a gardé l’exigence, l’acuité, et une sorte de présence nonchalante, comme exclue d’elle-même. Du coup, c’est un homme attentif à l’autre, doux, délicat. Mais à l’entendre, on sent que quelque chose en lui reste impossible à atteindre, à convaincre. A dire. Un pan de vide entier est intact dans son corps. Une falaise où vient se briser le temps.
Rencontre avec Charles Juliet, au cœur de Paris, dans la cacophonie des vaisselles, les conversations de bistrot et le vrombissement des automobiles. Parole imperturbable pourtant.

Vous avez publié les trois tomes de votre journal chez Hachette, et ce 4e chez P.O.L., est-ce une rupture avec un éditeur ?
Non, pas du tout. Lorsque j’ai publié chez Hachette, c’est Paul Otchakovsky-Laurens qui dirigeait la collection.
Maintenant il a créé sa propre maison d’édition. C’est donc à lui que je l’ai confié.
Comment vous situez-vous par rapport à la poésie qui s’écrit aujourd’hui ?
Je n’ai jamais eu ce souci de me situer. Je pense que c’est peut-être critique de le faire. Mais j’écris en dehors de toute considération d’époque. Je suis absent de tout ça. J’écris ce que j’ai envie d’écrire. Comme je peux l’écrire.
Votre enfance est exclue du journal, pourquoi ?
Je ne sais pas. Pendant longtemps j’ai nié mon enfance, mon adolescence. Je sentais que c’était des choses qui ne pouvaient pas paraître. Mais ce n’était pas délibéré, plutôt des freins, des défenses dont je n’avais pas conscience et qui m’empêchaient d’en parler.
Vous ne craignez pas qu’on ne retienne de vous que ce journal ?
Non. Certains lecteurs connaissent la prose. D’autres, la poésie. D’autres encore, le journal. J’espère qu’il y aura des lecteurs pour l’ensemble.
Vous êtes un poète du je, alors que d’autres utilisent le tu, le il, le nous, le on. N’est-ce pas en contradiction avec votre projet d’effondrer, de raser le ghetto du moi, tel que vous l’écrivez dans Fouille, chez Fata Morgana ?
Non. Je vis la chose autrement. On ne peut...

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