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Entretiens L’autobiographie de la douleur et du grotesque

juin 1996 | Le Matricule des Anges n°16 | par Emmanuel Laugier

Franck Venaille, cet amoureux de la Belgique, a écrit près de trente livres, une autobiographie traversée par le jazz, l’opéra, le cinéma, le Pop-art et la politique. Un travail d’écriture qui ouvre à toute la modernité, à sa profondeur.

Franck Venaille fait partie de ces personnes qu’on peut ne pas remarquer, tant la discrétion et la pudeur leur sont propres. Quand il parle, il le fait lentement, et passe rapidement d’une conscience terrible de son travail, précise, toujours remise en question, reprise, réaffirmée, à un humour froid qui dessine un léger sourire sur son visage. C’est sa manière, et soixante ans de vie n’ont fait que l’affermir, de prendre de la distance avec ses propres douleurs, ouvertes très consciemment pendant l’enfance et l’adolescence, de jeter un bouffon dans les souterrains de l’angoisse, une façon de rire de soi, d’obliquer et de se retrouver là où on ne croyait pas pouvoir être. Lecteur de l’écrivain américain David Goodis, de Maurice Maeterlinck, de Georg Groddeck, de Pierre Jean Jouve, Franck Venaille, de Journal de bord (PJO, 1961) à La Descente de l’Escaut qui vient de paraître, en passant par Jack-to-Jack (Luneau-Ascot éditeurs, 1981), ses essais chez Seghers sur Umberto Saba et Pierre Morhange, son livre sur Trieste (Champ Vallon, 1985), Cavalier/Cheval (Imprimerie nationale, 1989) et Le Sultan d’Istamboul (Salvy, 1991), etc., a constitué, malgré lui, une œuvre, mais qui se joue de ses propres reflets, à commencer par ceux de l’autobiographie. Car Franck Venaille, s’il revendique le fait « d’écrire en venaille » rajouterait à cette assurance une sorte de glissade, sorte de pied de nez ironique et grotesque au destin de l’écrivain. Amoureux de la Belgique comme pas deux, une bière Duvel suffit à la lui rappeler et à faire apparaître les nuages. C’est celle que nous boirons durant ces heures, face à face, éclairés par une petite lumière et, lointain, un air d’opéra, puis Schubert pour descendre vers l’Escaut…

Franck Venaille, on remarque d’emblée, en vous lisant, que le vécu a toujours été la matière première de vos livres. Trente-cinq ans après Journal de bord (1961), diriez-vous que vous êtes un autobiographe ?
Le vécu est un mot qui m’a toujours fasciné et à la fois terriblement fait peur. Pour moi, le vécu n’est en rien des tranches de vie, mais quelque chose passé au crible de l’écriture. Au fond, on est vraiment ignoble. J’entends par là qu’on trafique toujours quand on écrit, on biseaute sa vie pour la faire entrer dans le texte. Reprendre son enfance dans l’écriture, c’est la recréer, atténuer ou accentuer ses souffrances. Il n’y a pas plus de vécu naïf que d’écriture naïve. Le vécu, j’avoue que c’est un mot que je récuse à cause de ses ambiguïtés. L’autobiographie est un terme qui me convient mieux, mais au sens où l’on peut le comprendre chez des écrivains comme Joyce qui, vivant à Trieste, est en pensée à Dublin. Faire entrer l’autobiographie dans l’écriture, dans les poèmes, ce serait rassembler un jour les petites valises d’insatisfactions qu’on a laissées en chemin. J’ai pour ma part fait mon éducation sentimentale dans la ville, à travers la fréquentation de quatre lieux : les bordels, les stades de football,...

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