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Entretiens La langue en crue

janvier 1998 | Le Matricule des Anges n°22 | par Emmanuel Laugier

Depuis plus de trente ans, Dominique Fourcade écrit des livres qui ne cessent de déporter l’usage commun de la langue. Décryptage.

Le Sujet monotype

Né en 1938 à Paris, Dominique Fourcade ne s’étale pas sur les éléments biographiques : il précise seulement que son éducation fut stricte, faite de règles, de principes et de pensées cloisonnées. Qu’à cela, toute sa vie s’opposa, histoire de désapprendre et de ne plus trier catégoriquement. Toutefois, son écriture n’est pas pour autant un tout-venant anarchique. Écrire implique d’être face à tout ce qui passe dans le monde et d’habiter par tous les moyens ses propres langues. Le Sujet monotype dessine une véritable poétique, ouverte, radicalement neuve, et celle-ci, en même temps qu’elle s’affirme, joue dans la légèreté à se contredire, à se dévoyer. On y trouve une tentation de narrer, de jouer au romanesque tout en posant les bases d’un long poème du temps et des événements.

Dominique Fourcade, vous avez publié votre premier livre, Épreuves du pouvoir (José Corti) en 1961. Comment l’écriture est-elle venue à vous,votre intérêt pour elle ?
D’abord, il faut que je précise que je m’intéresse au rugby ou au football, mais que je vis l’écriture. Je n’ai jamais pu vivre autrement que par l’écriture ou l’amour. Très jeune, je voulais écrire pour exister et je n’écrivais pas, donc je n’existais pas. De quelle manière l’écriture m’est venue, de manière tenue ou faible, je me rappelle seulement que ce fut une expérience existentielle d’une intensité extrême. Et depuis, je vis chaque nouveau livre comme un arrachement, un désossement.
Il y a eu justement un arrêt de dix ans jusqu’au Ciel pas d’angle (P. O. L 1983), un livre qui ouvre sur une scène possible d’écriture…
Si ce que je fais mérite d’être considéré, c’est à partir de ce livre que j’entre dans l’inconnu. C’est à partir de là que je perds mes bases, que j’avance dans le vide, que je ne m’appuie pas sur des formes antérieures et que je fais quelque chose que je ne sais pas faire. J’entends par là que ce qui précédait procédait d’un savoir-faire. Et là, dans ce livre, non. C’est vraiment un livre qui découvre sa forme en se faisant, ce que j’ai effectivement mis dix ans à trouver en moi.
Tout ce que je peux vous dire, c’est que Le Ciel pas d’angle m’a permis d’acquérir une foulée et une capacité de performance, et elles seules m’ont amené à pouvoir continuer. C’est clair que Le ciel pas d’angle a été le moment premier et qu’il a augmenté ma capacité pulmonaire, mon rythme cardiaque. J’avais déjà expérimenté mille tempi différents, travaillé à l’extension du vers, à la condensation de blocs de textes, à la continuité d’une impulsion à travers une même phrase par des syncopes, à mêler l’écriture de prose à celle du vers comme véhicule l’une et l’autre du poème. J’ai travaillé à une gestualité qui dans les livres précédents n’était qu’une pose, la pose d’un mot sur la page. Avec ce livre, c’est très différent, les mots venaient, par l’acte que je tentais, de derrière la page, comme s’ils montaient à la surface.
Dans vos livres l’utilisation de...

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