La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Dossier Marcel Moreau
Moreau, morsures à découvert

septembre 1998 | Le Matricule des Anges n°24 | par Emmanuel Laugier

Autodidacte, belge de naissance, français d’adoption, masse furieuse de révoltes par nécessité, Marcel Moreau passe des bagarres d’adolescent à l’écriture par la même voie : celle de la lutte à mains nues. De Boussu à Paris, trajet d’une autobiographie mystique pas comme les autres… Moreau, morsures à découvert.

Rue de Rivoli, vers St Paul le Marais, à Paris : c’est là que Marcel Moreau habite, seul, depuis plus de trente ans un petit appartement au premier étage d’un immeuble modeste. Arrivé à Paris en 1968, via Bruxelles où il était correcteur au quotidien Le Soir, Marcel Moreau est un homme à la taille imposante, une sorte de colosse un peu voûté, à l’épaisse chevelure blanche qui lui tombe comme des rideaux de chaque côté de son visage. Les yeux sont presque bridés -et l’on hésite d’abord à ne pas le croire descendant d’un indien-, perçants, la voix mêle ses beaux restes d’accent belge à un timbre aigu, comme si l’auteur nous parlait de loin à travers un téléphone. Il ressemble, derrière sa barbe hirsute, à un homme descendu d’un temps ancien, comme s’il lui avait suffi de soulever, derrière sa table de travail, une lourde tapisserie pour passer du XIIe siècle à notre modernité. D’ailleurs, à travers le fouillis des lieux, devant la table de travail où nous nous sommes entretenus, avons dégusté un kir au bourgogne aligoté puis déjeuné d’un navarin d’agneau accompagné d’un madiran, une vieille machine à taper mécanique est nonchalamment posée sur le côté, parmi une multitude de brouillons manuscrits qui feraient le bonheur de quelques collectionneurs d’autographes. L’écriture se tord, s’enroule, des masses de ratures ponctuent l’ensemble jusqu’à l’illisibilité. C’est une écriture qu’on y lit, pulsionnelle et baroque, seule arme qui fut capable d’aller contre les origines de l’auteur et qui construisit, finalement, sa biographie.
Né le 16 avril 1933 à Boussu, près de Mons, en Belgique, au N°30 de la rue Bonaventure, Marcel Moreau commence le récit de sa vie ainsi : « Le Borinage dont je me souviens nie la transparence. Il a des boursouflements de moricaud rossé. (…) De plus il attire les suies, les traces de doigts, les dépôts louches. La mine est là comme la partie honteuse de la nuit. Ce que la nuit dissimule sous ses jupes, sa menstruation sans Tampax, les grelots qu’elle s’enlève du cul »(…). Et plus loin encore, dans ce même livre (Incandescences) où Moreau raconte son « Egobiographie tordue », il ajoute : « Wasmes et Cuesme sont des villages borains. Cela s’écrit comme une fin de quinte, comme un halètement rauque de raucheur. D’autres finissent en U : Flénu, Hornu. Ceux-là sonnent dru et obtus. Puis il y a le gnon de Quaregnon, pan dans l’oignon. (…) Enfin il y a le petit Hainin, comme une haine de nain. Moi, je suis né à Boussu, toute boue sue ». Avec cela, on se rend compte de la tonalité de son œuvre et surtout du premier pouls de ce que va être la vie de Moreau, depuis le berceau où il sera le fils moins attendu de ses parents que le frère souhaité de sa sœur Lydie, son aînée de neuf ans, dont il dit volontiers qu’elle lui apporta tous les soins d’une mère. Le père, lui, s’appelle Nazaire, et comme le dit Yves Vasseur (présentation à Marcel Moreau, amis, démons et rythmes), il tient de ces Nazaire-là qui eurent dans la famille même...

Cet article est réservé aux abonnés.
Auteurs, critiques, interviews, dossiers thématiques: découvrez tous les contenus du Matricule des Anges.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?