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Dossier Marcel Moreau
La rage et l’amour

septembre 1998 | Le Matricule des Anges n°24 | par Emmanuel Laugier

La réédition très attendue de Quintes et la publication de trois autres ouvrages témoignent d’une écriture puissante et obsessionnelle.

uintes est à l’origine de l’origine. C’est le roman du premier dégorgement, l’amorce de ce qui allait remplir l’espace vital de Marcel Moreau. Il faut voir comment Quinte, le personnage principal, passe son temps dans un stade, qu’on imagine en Belgique, sous un ciel bas à couper au couteau. Le match est plus intéressant qu’à l’ordinaire avec ses règles confuses : « Parfois, un homme gardait le ballon aux pieds, comme pour l’admirer. (…) Certains évitaient de le toucher de crainte d’offusquer quelqu’un, dans ce cas ils demandaient l’avis d’un ami ou d’un ennemi. D’ailleurs l’orientation à donner à la balle ne ressortait pas toujours très clairement de la volonté des joueurs, et dans leur cabane désaffectée, les gardiens s’ennuyaient, et quand ils ne s’ennuyaient pas c’est qu’ils passaient le temps à regarder les filles qui leur faisaient des signes ». Mais la vie de Quinte ne se limite pas à la contemplation de ce sport. Quinte a une femme, une fille, un chez lui. Il rencontrera un curieux personnage, acteur et peintre, ainsi que Moussia, pute et sainte, « femme définitive » comme le titre un chapitre.
Quintes, s’il est le premier livre de libération, n’est pas pour autant un simple déferlement verbal. A l’intérieur du foisonnement et de la densité de l’écriture, une pensée se trame, qui touche à l’ordre social et ses cloisonnements, à l’opinion régnante et aux structures fixes de nos petits esprits. Ce sont des pensées éparses, mais agissantes, qui conduisent la narration bouleversée de Quintes et son théâtre de pulsions. Le lecteur n’est pas ménagé, il en perd son latin, mais n’est-ce pas le propre des livres forts que d’amener à inventer de nouvelles dispositions de lectures, même lorsqu’il s’agit, comme dans la fin de partie de Quintes, de retourner le couteau contre soi pour avoir les yeux ouverts…
Les trois autres livres -La Jeune Fille et son fou, Extase pour une infante roumaine, La Vie de Jéju- sont eux aussi des sortes de commencements. Ils inventent, encore, des avancées inédites. Ainsi les deux petits livres amoureux publiés chez Lettres Vives sont l’approfondissement des volumes précédents qui y furent publiés (Amours à en mourir, Noces de mort, La Compagnie des femmes). Ce sont des proses de l’état de grâce, des visions, des flashs absolus, serrés dans un poing où le temps s’annule. Deux jeunes filles croisées, recroisées, sont entrées dans la vie mentale de l’auteur d’une telle façon qu’elles ont comme recréé l’acte même de son désir. Tout est question alors de tombées, de chutes, qu’elles soient celles d’un voile ou d’un corps renversés, qu’elles soient légères et transparentes, hargneuses et sauvages : « Hier, j’ai vu ta robe tomber, mais comme un tabou. Affaissée à tes pieds, s’y roulant en boule, inutile, dérisoire. Je t’ai vu piétiner le tabou. » ou encore, dans L’Infante roumaine, « Je t’aime avec les livres qui firent venir vers moi des femmes étranges et pâles, quelque peu débraillées par un obscur...

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