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Dossier Jude Stefan
Invention de Jude

juillet 2000 | Le Matricule des Anges n°31 | par Xavier Person

Une vie peut-elle ne pas avoir eu lieu ? Toute l’œuvre de Jude Stefan, et peut-être sa vie même, semble partir de ce rêve impossible. Portrait d’un être tombal.

Jude Stefan n’est pas Jude Stefan. C’est un faux. Un pseudonyme. Un faux nom posé sur des livres. Sur des livres qui sont comme des tombes pour celui dont le rêve le plus absolu, toujours et partout répété, qui fonde tout, serait d’être mort avant que d’être né. N’être qu’en sa tombe. Tombé. Écrire d’outre-tombe. Poser le regard du mort sur sa vie, sur cette vie qui du coup n’aurait pas lieu, d’un coup annulée, par la grâce de ce renversement temporel réduite au néant qui seul existe, au seul passage des nuages lents dans le ciel illuminé, dans l’extase de n’être pas. Au-delà autant qu’en deçà. Nulle part. Ailleurs, là où serait la vraie vie. Où n’être pas serait possible. Où vivre de ne pas vivre. Non-vivre, pourrait dire Jude Stefan, comme il dit, parlant de son écriture : « non-écrire ».
Dans une nouvelle de son recueil intitulé La Crevaison, celui-ci donne la parole à un nommé Jean Désert, nettoyeur de tranchées de son état, ramasseur de cadavres, obsédé de sa propre disparition : « Ce qui m’a sans cesse étonné, c’est d’être moi, et les autres, n’éprouvaient-ils pas la même sensation, vouloir s’en dévêtir, n’avoir plus de peau ? ». Dans D’Outre-vie, une nouvelle du recueil Vie de mon frère, Jude Stefan imagine une sorte d’asile où de leur plein gré se rendraient des êtres désireux de se débarrasser de toute figure, de toute histoire personnelle, vivant dès lors dans une sorte de léthargie limbique, une radicale indifférence existentielle, une quasi immobilité, ayant abandonné jusqu’à leur nom : « on proféra mon nom d’antan sans que je réagisse. Enfin, je l’avais perdu, comme un fardeau qui m’a glissé (…) ». N’y vivant plus que dans une proximité avec leur mort, dans une mort anticipée.
Jude Stefan donc est un nom posé sur une certaine mort à soi-même. Un nom qui, suppléant à l’étonnement « d’être moi », de livres en livres, de poèmes en nouvelles, propose en lieu et place de l’auteur une fiction d’abord crédible et joliment poétique -une origine russe, une enfance à Trieste, les joies de l’enfance dans la douceur d’une mère et de trois sœurs aimantes-, mais vite caricaturale et dans ses exagérations criardes comme réduite à néant : l’inceste avec la sœur, la fréquentation assidue du bordel, l’homme couvert de femmes. On voit bien en effet comment cette fiction de Jude Stefan investit les contrées merveilleuses, fascinantes, d’un « royaume intermédiaire » entre rêve et réalité, nourri des plus intimes désirs, des fantasmagories les plus enchanteresses, les plus inavouables, les plus consolantes. Un enterrement à Orchamps boucle la boucle du fantasme. Du rêve éveillé, il a la couleur éclatante. Le narrateur y assiste à son propre enterrement, s’exprimant de l’intérieur du cercueil, dans la jubilation d’une inversion du temps proprement stéfanienne. Le récit se clôt sur l’épitaphe idéale : « Ci gît qui n’est pas né ».
Mais le fictif, s’il outre la réalité, n’en est jamais très éloigné. Et si les sœurs n’existent pas,...

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