La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Poésie Chronique paysanne

juillet 2000 | Le Matricule des Anges n°31 | par Thierry Guichard

Vessies, lanternes, autres bêtes cornues

Pour les citadins, il y a peut-être dans la poésie de Pascal Commère comme de l’exotisme. Attaché à sa terre bourguignonne, ce comptable des entreprises agricoles peuple ses recueils de vaches « au cul lourd ». On le sait depuis le père Hugo, la vache peut faire l’objet d’un poème. Mais les vaches qu’on croise ici n’ont rien des images d’Épinal, et rien de métaphorique. Elles sont animales comme on dirait d’un homme qu’il est humain. Vivant dans la « proximité moite des bêtes », ce que le poète nous en dit constitue comme un reportage, au temps présent, de la campagne française. Il n’est donc pas innocent le fait que soit nommé, dès l’entame, le voisin Paul, ex-cheminot, « lyrique expert en pelouse » qui de sa tondeuse déchire le silence du printemps. Le nommer, c’est ancrer tout le recueil dans le réel.
Un grande partie de Vessies, lanternes, autres bêtes cornues (l’art du titre chez Commère !) évoque l’arrivée du printemps sur les terres grasses où « la pisse d’une vache cambrée jette/ l’arc-en-ciel aux nues ». On est bien loin de la nostalgie. Au contraire, c’est toute la violence des couleurs (« le crachouillis trop vert/ des prairies alentour, les pissenlits en fleur -soleils/ de deux sous »), des odeurs. Au milieu de ça l’homme est parfois comme l’animal, pris d’un désir douloureux pour la chair. On trouvera aussi de la cruauté dans ces pages où la viande est crue, où le sang « avachit le vichy » des vestes de garçons bouchers, où la fille « qui narguait de ses seins le vent » est aujourd’hui « Vendeuse -rayon Boucherie, et le sang colle au vernis. » Il y a bien quelque chose qui colle, en effet, dans ces poèmes à la langue mouillée, glaiseuse. Quelque chose qui nous rappelle qu’on est, définitivement, liés à la terre et, en cela, cousins des ces bêtes qu’on élève et qu’on tue.

Vessies, lanternes,
autres bêtes cornues
Pascal Commère

Obsidiane
107 pages, 95 FF

Chronique paysanne Par Thierry Guichard
Le Matricule des Anges n°31 , juillet 2000.
LMDA PDF n°31
4.00 €