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Événement & Grand Fonds Tentation du sublime

mars 2002 | Le Matricule des Anges n°38 | par Xavier Person

Olivier Cadiot continue d’inventer des espaces à la prose dans le mouvement de la poésie, à une vitesse folle, fluorescente. Nouvel objet littéraire non identifié. Chanson sous la neige et autres histoires.

Retour définitif et durable de l’être aimé

Olivier Cadiot pose un lapin sur la première page de Retour définitif et durable de l’être aimé. Un lapin fluo, d’un vert intense. On savait depuis Lewis Carrol que les lapins ont un problème avec le temps. On sait depuis son magnifique et indispensable Futur, ancien, fugitif1 Olivier Cadiot capable de distorsions spatiales et temporelles effarantes. On l’a vu trafiquer sa prose avec d’hallucinants mélanges poétiques. Alors on attache sa ceinture. On se dit que les virages vont encore une fois se négocier dans les plis. Bienvenue dans le monde virtuel. On s’attend à un puissant démarrage et que voit-on pour commencer ? Un lapin. On attendait l’explosion du moteur, on se retrouve dans les champs, verts pâturages, retour à la nature, se mettre au vert, etc. Colorier des images. On se retrouve ? On retrouve le lapin à la page 16, dont on nous dit qu’il pourrait avoir un nom de rose, « Green fluorescent ». On veut bien coloriser le lapin, mais si le lapin est une rose et s’il disparaît dans « la campagne transparente », « gibier 4D pour nouveau chasseur »
Tout le monde peut se tromper. Erreur de la nature. Il y a bien un lapin, mais cela fait plutôt comme un effet de persistance rétinienne, sensation lumineuse quand l’écriture compresse ses phrases, condense ses images, fermant les paupières de son récit sur le noir où il ne reste rien à voir qu’un film en accéléré, plus de vingt-quatre images par seconde, vingt-quatre fois vingt-quatre, lorsqu’on s’endort ou lorsqu’on meurt, quand tout défile, tout va très vite et c’est trop tard. On est mort. On ne voit plus rien. On n’y comprend rien. Tout est allé trop vite. On voudrait que revienne l’amour, on est seul, on s’est laissé piéger, on est dans la vase, on s’enfonce dans la mort. On n’a pas tout compris. Tout remonte à la surface, tout se résorbe dans la surface. Il n’y a plus de fond. Plus de relief. Tout dans le récit se mélange au même niveau. Phosphènes. Fondu enchaîné, déchaîné. Tout se mêle dans une même luminosité, cela s’accélère. On est sous acide ou quelque chose d’approchant : « j’ai froid, les anciennes choses se mélangent à l’infini aux nouvelles, chaque souvenir se divise en un point qui ouvre une nouvelle porte ». Et en plus il neige. On glisse. Boum.
On s’imaginait tenir un lapin, un peu comme Joseph Beuys portait dans ses bras le cadavre d’un lièvre auquel il expliquait l’art contemporain. On se retrouve enfermé dans une cage avec un coyote ou un loup. On croyait avec les outils de la poésie inventer une prose fulgurante, phrases compactées, profil aérodynamique ne s’avançant que de profil, circulation maximale, objets fictionnels non identifiés, fabrications stroboscopiques d’un espace littéraire en 4 ou 5D… on se retrouve sur un balcon, il neige, on doit pour ne pas s’endormir continuer de se raconter des histoires, on sait que tout est faux mais on continue, car « le vrai est un moment du faux », car rien n’existe en fait et on se sent vraiment fatigué. On croyait...

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