La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Théâtre Nos propres funérailles

mars 2002 | Le Matricule des Anges n°38 | par Thierry Guichard

Quatre avec le mort

Ils sont donc quatre : le mort qui est le père de Dun et de Hirta, le frère et la soeur donc, Boreray enfin, la femme de Dun et l’amie d’enfance de Hirta. Trois vivants réunis pour veiller le défunt. Et se retrouver, du coup, seuls chacun face à soi-même et face aux liens entretenus avec les deux autres. Devant le mort, et comme c’est un père, la veillée prend des allures de mise à nu et de retour en arrière, au temps de l’enfance et de tous les possibles. Une façon de mesurer les gouffres intimes : « On a quel âge devant ses morts sinon tous ses âges à la fois/ Il faudrait les mains pour dans la tête retourner ça. »
Ce qui surprend d’abord dans la pièce de théâtre dont la création prévue en mars au Studio de la Comédie Française a été reportée à l’automne, c’est l’écriture de François Bon. Avec Racine en exergue, l’écrivain a recréé la langue de la tragédie classique sans en faire une imitation : le vers est libre mais les voix ici sont théâtralisées dans la syntaxe même. Dans le huis clos mortuaire, les trois personnages tombent les masques et sortent les griffes : jalousies, reproches détissent les liens de la famille, du mariage et de l’amitié et finissent par atteindre à la nudité de l’humain, celle dans laquelle finalement les morts s’endorment. Pièce sur le sens de l’existence, Quatre avec le mort atteint la dimension des écrits des grands moralistes. Au finale toutefois chacun reprendra la place qu’il convient d’occuper dans le monde : restera alors pour le lecteur une musique sacrée en forme de requiem pour un dieu mort. Ne nous y trompons pas : ce dieu n’est pas le père défunt, mais la divinité que chaque enfant porte en lui et assassine pour grandir. Hirta, née après une soeur morte à six semaines, Dun, qui s’était enfui du domicile familial et Boreray qui, en choisissant de partir avec Dun a trahi sa meilleure amie, veillent finalement leur propre mort. Et nous avec eux.

Quatre avec le mort
François Bon
Verdier
72 pages, 10,30 (67,56 FF)

Nos propres funérailles Par Thierry Guichard
Le Matricule des Anges n°38 , mars 2002.
LMDA PDF n°38
4.00 €