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Entretiens Ces silences qui en disent long

mars 2002 | Le Matricule des Anges n°38 | par Thierry Guichard

Hubert Mingarelli poursuit avec La Beauté des loutres son exploration de la relation enfant-adulte en donnant cette fois autant de place à l’un qu’à l’autre. Une écriture qui, dans son économie de moyens, dénote un instinct sûr.

La Beauté des loutres

Depuis La Dernière Neige paru il y a un peu plus d’un an, le paysage romanesque d’Hubert Mingarelli s’est couvert d’un presque silencieux manteau hivernal. Avant, l’écrivain avait donné au sable (Vie de sable) ou à l’herbe (Une rivière verte et silencieuse) le rôle qu’à nouveau il attribue à la neige : recouvrir le paysage. Sur une plage dans Vie de sable, l’enfant héros du roman, découvrait une bombe autour de laquelle il allait creuser. Que cache la neige de La Beauté des loutres ? Dans Une rivière verte et silencieuse, on devinait que sous l’herbe haute à travers laquelle Primo se frayait un chemin quotidien, était ensevelie une histoire révolue : celle qui aurait expliqué l’absence d’une mère. De quel deuil la neige de ce nouveau roman cristallin est-elle le linceul ? Un homme, Horacio, et un enfant, Vito, partent une nuit en camion pour aller vendre quelques moutons au-delà d’un col lointain. On pourrait mettre la caméra de Wim Wenders dans la cabine du vieux camion et laisser se dérouler les bobines de pellicule. On verrait un film limpide, une route qui se déplie dans la simplicité de phrases courtes, un frais soleil qui joue avec le miroir changeant d’une rivière en contrebas, un enfant et un homme peu bavards, et derrière eux une douzaine de moutons en équilibre sur la plate-forme du bahut. Pas grand-chose peut-être si ce n’est l’obligation de deux êtres à vivre ensemble tout un jour et une nuit dont ils auront, plus tard, à se souvenir. On connaît la façon de faire de Mingarelli : épuration du paysage (la neige veille à ça), minimalisme des descriptions, resserrement focal sur les personnages, dialogues qui taisent plus qu’ils ne disent et qui, donc, révèlent ce que sont les hommes débarrassés des conventions.
Mais, dans cette matière qui, à chaque fois et bien qu’on s’en méfie, vous prend au coeur chaud de l’émotion, Mingarelli a introduit des scènes fugaces et fortes. Ainsi voit-on la silhouette d’Horacio armé d’un fusil, courir dans la neige après un lapin, sous les lumières du camion et le regard de l’enfant. Plus loin, c’est un homme dont on ne saura rien qui dévale à grandes enjambées un flanc de montagne pour venir saluer les deux voyageurs arrêtés au bord d’une rivière autour d’un café matinal. Le voyage déplie ainsi ses étapes comme s’il était initiatique. À moins qu’il ne soit la transcription d’une mythologie personnelle : le cochon qu’on ébouillante à l’entrée d’une ferme et sur lequel Horacio conseille à Vito de ne pas se retourner donne une note dramatique que la narration va reprendre, plus loin, avec un conducteur de chasse-neige déprimé. Le voyage avance ainsi vers son acmé tragique, ce col où la neige attend de jouer un autre rôle. Dans cette odyssée moderne, les dernières pages apportent une lumière aussi ténue que marquée par la grâce. On n’en dira rien ; c’est à chacun de faire le voyage puisque, par la place que cette écriture laisse au lecteur, ce sera, à chaque fois, un voyage différent.
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