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Entretiens La petite fabrique de la parole

mars 2002 | Le Matricule des Anges n°38 | par Benoît Broyart

Dans son deuxième livre, Gaëlle Obiégly entre en force sur le territoire de sa parole. Après le mensonge vient l’aveu. Le Vingt et un août est un texte explosif sur la nécessité de dire. C’est également la révélation d’une nouvelle voix.

Le Vingt et un août

On lit des dizaines de livres sans enthousiasme, des livres à ficelles, où personne ne parle. On cherche une voix. On est sur le point de renoncer et on trouve finalement ce qu’on n’espérait plus. C’est normal. Le propre de la littérature est de se tenir où on ne l’attend pas.
Dans Le Vingt et un août, une voix advient, une voix où résonne encore une sorte de violence enfantine, qui rend ce livre bouleversant, organique et précieux. « Crevé, tout mort, mon ballon, comme de la peau qui pèle. » Il y a quelqu’un derrière ces lignes, une parole devenue plus que nécessaire. C’est d’ailleurs le sujet de ce livre, car Le Vingt et un août raconte bien l’arrivée de l’écrivain dans sa parole.
Le jour de son anniversaire, la narratrice décide de passer aux aveux, après une grande partie de vie consacrée au mensonge. Elle va parler. Ce ne sera pas simple, ce qu’elle veut formuler se trouve enfoui au fond de sa gorge. « Je rentrais chez moi me débroussailler. En route, sur ma lèvre inférieure rampait la panse pleine d’un reptile, une sorte de chatouillement lourd. Ma parole immobile, sécrétée. Presque sans membres, sans os, mue par de minuscules griffes qui la faisaient adhérer à toutes les surfaces. Elle se défilait, traquée par des semelles, convoitée par des cages. M’envahissait le visage de touchers dégoûtants. Ma parole, je l’associais à ces fourmillements autour de ma bouche, comme une bête. » La narratrice livre un véritable combat. Pour naître, elle se taille un chemin entre souvenirs et désirs. Elle marche souvent, observe, et aime regarder par le trou de la serrure.
Le Vingt et un août convainc par le singulier mouvement qu’il impose au lecteur. La parole s’apprête à sortir, les images de l’enfance affleurent dans le récit ou c’est la silhouette d’un amant rêvé qui se dessine. Et brusquement, c’est comme si cette parole était rappelée à l’ordre par le corps. Pas si vite. Le lecteur assistera au ballet dans son intégralité. Car la parole pourrait bien être le seul organe possédant le don de s’inventer continuellement. Elle seule donnerait lieu, sans cesse, à de nouvelles incarnations.
Le Vingt et un août retrace cette recherche, le cheminement saccadé entre dedans et dehors, intérieur et extérieur, intimité et réel. Et le parcours entrepris par la narratrice est si difficile qu’elle est parfois tentée de renoncer. je pouvais avoir à nouveau ma taille infime, oubliée. Version de poche, portable comme mon petit coffre. Ça ferait tellement plaisir.
Ce texte réussit l’exploit de définir précisément l’espace instable de la parole. C’est pourquoi Le Vingt et un août possède une teinte si particulière. Le tour de force, c’est que l’écrivain parvient à unir les contraires et les paradoxes pour trouver précisément le lieu de naissance de sa parole. La langue de Gaëlle Obiégly est abstraite, désincarnée, et l’instant d’après, épaisse et palpable.

La disparition du père servait de fil conducteur à votre premier...

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