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Entretiens Émaz, choses vues

mars 2002 | Le Matricule des Anges n°38 | par Emmanuel Laugier

Avec Ras, il continue de cerner la façon dont la mémoire anonyme du monde vient croiser nos vies. De l’épuisement à l’ordinaire, et de la fatigue à la force du banal, se resserre l’horizon d’une résistance propre à la poésie.

Dans Soirs (Tarabuste, 1999), Antoine Émaz vide son sac : à sa manière, puisqu’il décrit, à ce moment-là, ce qu’il y a juste devant lui, dans la cuisine où il travaille habituellement : une toile cirée jaune passé, des carnets, un bol chinois qui sert de cendrier et où repose une pipe, les chiffres d’un code barre qui orne un objet. Mais l’insistance avec laquelle il appuie sur l’évidence des choses n’est pas un exercice de style, ou la tentative d’épuisement d’un lieu. Rien de cela chez Antoine Émaz, mais plutôt la question de l’articulation que nous aurons à trouver entre l’évidence muette des choses et l’opacité contre laquelle le réel nous cogne chaque jour un peu plus. Aller voir ce qui reste de cet entre-deux, pour nous qui le vivons, est le leitmotiv de son travail d’écriture. Depuis vingt ans, il s’y tient, avec une rigueur et une régularité que les mots accompagnent sourdement, littéralement, collés qu’ils sont au monde, de ses événements les plus infimes aux plus généraux d’entre eux. Peut-être parce qu’écrire est l’un des seuls échos de mémoire possible. Le seul lien qui ne peut envisager ce « métier de pointe », selon l’expression de René Char, comme une simple habileté qui s’invente des mondes, mais plutôt comme une confrontation avec sa dure réalité, « réalité rugueuse » disait Rimbaud. Réalité qui n’est pas une simple représentation, mais ce reste aveugle dont les angles aigus déchirent les métamorphoses de l’écriture. Le pauvre vitrier, souvenons-nous, contre lequel gueule Baudelaire (la référence classique d’Émaz) dans Le Spleen de Paris, il porte lui aussi, à lui seul, mais d’un coup, toute la cruauté insupportable de l’idiotie du réel, et tout l’espace que traverse l’anonyme passant de la ville moderne. Deux aspects, deux plis, qui sont des rapports à des temporalités qu’une époque ouvre et creuse en elle, comme à la crête d’une vague.
Les livres d’Antoine Émaz tiennent l’un et l’autre ensemble, dans une filiation qui en serait tout l’approfondissement moderne. Ici, dans la cuisine où nous sommes, le monde est à portée de la main, il n’est pas oublié mais, jusque dans la toile cirée qui s’use, il est la trace que la mémoire reconnaît pour se reconnaître à nouveau, le soir venu, pour voir un peu encore net dans toute cette masse de soirs usants. Le carré de jardin est là, lui aussi, devant, comme une respiration. Dans les livres et dans la vie usée, il est l’entre-deux où se poser un peu ne fatigue plus. Ras, le nouveau livre, le convoque dans toutes les sections titrées . Là, pour toucher que C’est, Entre les Soirs, à Ras. Quatre titres qui disent le resserrement des poèmes d’Émaz, quatre titres ras pour ne pas manquer l’essentiel de ce qui lie l’écriture à l’existence.

Antoine Émaz, vous avez publié une dizaine de livres. D’emblée ressort une voix presque atonale, des poèmes tout en économie de mots et d’effets, des expériences (ennui, fatigue, passer le temps, etc.) générales, inévitables… Comment...

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