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Poésie Bien attrapé

mars 2003 | Le Matricule des Anges n°43 | par Gilles Magniont

Sonnets luxurieux & Chronique scandaleuse

C’est un bel objet : derrière la couverture cartonnée et ses rayures verticales, une centaine de pages soigneusement imprimées « sur Johannot 125 g », parmi lesquelles quelques pertinentes illustrations. Claude Le Petit connut-il jamais pareil luxe ? Dans ses Sonnets luxurieux, il fait bien plutôt état du besoin et de l’errance, et s’affiche avide comme brutal. À découvrir ce poète crotté « Marcher arrogamment dessus la chrétienté », on est d’ailleurs tenté d’esquisser certains rapports lointains, vers Villon ou Rimbaud, quoique plus près il y ait bien sûr certains libertins de son temps, dont il partage l’obsession « foutative ».
Ici, vous verrez donc les Muses batifoler au bordel, et le poète trousser des vers qui « foutent par les yeux », en un livre qu’il rêve « en long roulé, bien égal et bien roide ». Mais ce n’est pas tout : le véritable objet de plaisir, c’est de découvrir La Chronique scandaleuse ou Paris Ridicule, soit cent trente-deux strophes, et un unique dessein, « Estriller Paris à plaisir ». « On ne verra point sous les cieux/ Aucun de tes plus beaux lieux/ Que nous ne rendions ridicule » : de la « Cité de Merde », rien qui ne soit noirci par l’encre satirique, de l’Hôtel de ville jusqu’à la Seine, des ponts jusqu’aux faubourgs, de la Synagogue jusqu’au Parlement, en passant par Notre-Dame, l’Université, le Louvre et même le roi. Seulement, les « Monarques ont les mains longues,/ Ils nous attrapent sans courir,/ Et n’aiment pas à discourir/ Avec un peseur de diphtongues ». Autant alors ne pas s’attarder sur pareil sujet… comme sur tant d’autres : la « chronique », et c’est étourdissant, bondit littéralement d’un lieu à l’autre, comme si le temps était toujours compté pour dire le mal nécessaire, comme si notre guide venimeux devait toujours parer à la vengeance des puissants. Pose d’artiste ? Voire. Le Petit ne courut pas aussi vite que ses alertes octosyllabes : inculpé de lèse-majesté divine et humaine, il fut brûlé sur la place de Grève, le 1er septembre 1662, à l’âge de vingt-trois ans.

Sonnets luxurieux/
La Chronique scandaleuse

Claude Le Petit
URDLA
99 pages, 18

Bien attrapé Par Gilles Magniont
Le Matricule des Anges n°43 , mars 2003.
LMDA papier n°43
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