La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Poésie Accélérer, toujours

juillet 2003 | Le Matricule des Anges n°45 | par Emmanuel Laugier

Bernard Vargaftig a toujours tenu au travail spécifique du vers, allant même jusqu’à parler d’une rythmique comptée, d’un équilibre presque mathématique des coupes, rejets, balancements et syncopes. Mais ce n’est pas seulement le pied du vers qui lui importe, mais l’écoute continue de ce qui, en lui, se dit de la complexité du monde et des perceptions que nous en avons. Depuis plus de quarante ans, le poète cisaille son vers comme une lame de couteau vibratile. Ses livres s’attachent ainsi, régulièrement, à décrire la stupeur, l’aveu, la peur, par lesquels « la même cassure/L’image de la rapidité » reviennent à nous. Comme respirer, son nouveau livre, s’ouvre à cette même expérience de l’« infinie venue des choses ». La falaise, la hâte et l’oubli, la chute, le feuillage qui bouge dans le vent en sont encore les traces fugaces et insistantes.
On a parlé à son propos d’un principe dynamique de répétition. C’est juste. Mais il faudrait aussi dire qu’il y a, dans cette façon de ramener dans chaque poème des expériences presque perpétuelles, une sorte d’indifférence à la finalité du livre. Ce n’est pas tant ce qu’il sera qui importe que l’énergie motrice qui l’aura fait. La démarche est là proche de l’exercice du sage Zen balayant inlassablement la cour du temple et méditant, chaque jour, à partir des feuilles tombées du même arbre. Des mots sont là aussi tombés, comme cette « précipitation », ce « frémissement », cette « Déflagration ». Mais Vargaftig leur ajoute toujours autre chose ; cela tient à un mot de plus, à la façon qu’il a d’être placé au bout d’un vers, de casser le sens donné pour précipiter le poème vers sa rapidité insatiable : « la nudité de l’insistance un ravin/ L’approche l’approche sans cesse ». Voilà tout ce que fait le poème vargaftien : il place au plus juste ce « ravin », et double alors « l’approche ». Parce qu’écrire pour lui revient à approcher le mot indomptable. C’est sa magnifique leçon.

Comme respirer
Bernard Vargaftig
Obsidiane
75 pages, 13

Accélérer, toujours Par Emmanuel Laugier
Le Matricule des Anges n°45 , juillet 2003.
LMDA papier n°45
6.50 €
LMDA PDF n°45
4.00 €