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Dossier Patrick Deville
Le voyageur sentimental

février 2004 | Le Matricule des Anges n°50 | par Thierry Guichard

Né enfermé, Patrick Deville n’a eu de cesse de vouloir attraper l’horizon. Du Moyen-Orient à Montevideo, il poursuit par les voyages, les lectures qu’il fait du monde. Avec comme balancier la solitude mariée à la fraternité. Dernière escale, Pura Vida rassemble les révolutionnaires d’Amérique centrale pour une errance post-mortem. En rouge et noir.

Si vous déjeunez un jour au Rond de serviette, jeune restaurant installé place du marché à Saint-Nazaire, vous y rencontrerez peut-être le sosie de Günther Grass. On vous installera à une table près de celle où une charmante brune parle d’Anna Gavalda à son amie. Et le soir, en une taverne plus orientale, vous verrez une gamine, brune également, évoquer avec passion Garcia Márquez avant de casser fougueusement un verre. Saint-Nazaire offre de ces surprises… Mais ne soyez pas étonnés si, au Rond de serviette, vous rencontriez Patrick Deville. Ce n’est pas seulement parce qu’on y mange bien que le romancier est un habitué : le restaurant appartient à sa femme. Signalez alors à l’écrivain l’adresse d’un bar réputé dans le monde pour ses mojitos, ne lui posez pas trop de questions : peut-être aurez-vous droit, la nuit tombée depuis lurette, à visiter son demi-hectare d’étang, calme derrière sa maison basco landaise de Saint-Brévin-l’Océan. Vous aurez fait un crochet par le casino, ultime enseigne à vendre des cigarettes quand ce n’est plus l’heure et que la pluie bretonne dissuade de sortir. C’est que notre homme fume avec une régularité qui frise le suicide. Ou que tous les prétextes sont bons pour trouver des zincs érigés contre la nuit.
L’homme est un enfant du pays. Né « de l’autre côté de l’eau » comme on dit à Saint-Nazaire, il a grandi d’abord en hôpital psychiatrique. Son père employé après la guerre a gravi les échelons pour devenir l’un des trois directeurs de l’ancien lazaret au pied du pont qui enjambe l’estuaire de la Loire (et qui n’existait pas à l’époque). Mille malades et autant de soignants vivaient là en quasi-autarcie : la buanderie, la menuiserie, l’élevage faisaient du lieu « un phalanstère en quelque sorte. Parmi les pensionnaires, on avait des cas très graves, irrécupérables, et d’autres n’étaient que des idiots du village comme il y en avait dans toutes les fermes avant l’exode rural. Ceux-là, simplement inadaptés, travaillaient au jardin, à la menuiserie, à la maçonnerie. Il y avait donc une sorte de porosité entre le personnel et les pensionnaires qui gagnaient un pécule valable seulement à l’intérieur. Certains étaient mes camarades de jeu. » L’enfant vivra huit ans dans la maison de service accolée à la porte monumentale qui subsiste aujourd’hui. Huit ans dont un et demi de double enfermement : à cause d’un problème de hanches, le garçon reste un an et demi engoncé dans une coquille de plâtre « comme une tortue sur le dos. » Immobilisé à 3 ans… On avait trouvé plaisant de lire, dans Cordon-bleu, son premier roman, cette pensée du narrateur : « Douce est à l’homme la liberté de se mouvoir » qui semblait une pointe d’humour…
Un enfant alité jour et nuit suscite la compassion des adultes qui lui lisent des livres, sa tante lui apprend à lire et écrire. Un jeune médecin, moins résigné que les anciens, tente une opération chirurgicale qui marche.
L’hôpital psychiatrique abrite aussi un théâtre « dont mon...

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