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Dossier Juan Marsé
L’enfant de Barcelone

mai 2004 | Le Matricule des Anges n°53 | par Thierry Guichard

Né juste avant la guerre civile dans une famille modeste et aussitôt endeuillée, Juan Marsé apprend à écrire des fictions dans les rues populaires de la capitale catalane. Le romancier ne cessera de revisiter une enfance nourrie aux histoires merveilleuses du cinéma et de la littérature érigées contre la noirceur du franquisme.

Dans Barcelone en ce mois d’avril, les draps pendus aux balcons ne sont pas en train de sécher. En leur centre, une boule noire ou un sombre ruban croisé de tissu marque l’opposition des Catalans à la guerre en Irak autant que leur compassion pour les victimes des attentats du 11 mars à Madrid. Il n’est pas sûr que les Catalans connaissent bien l’homme qu’on va voir, car celui-ci refuse de jouer le jeu des grands médias, de la télévision surtout. Son œuvre, pourtant, connut dès le premier livre un certain succès (10 000 exemplaires vendus de Enfermés avec un seul jouet) et Teresa l’après-midi fait aujourd’hui partie des classiques espagnols. En 1997, il obtint le prix Juan Rulfo, l’un des plus prestigieux (et des plus dotés : cent mille dollars) décerné à une œuvre écrite en langue espagnole.
L’appartement de Juan Marsé se trouve dans un immeuble au rez-de-chaussée duquel un concessionnaire Mercedes expose quelques modèles. Marque incongrue pour qui a lu les romans du Catalan dont les héros appartiennent toujours à la classe la plus populaire. Nous sommes ici un peu au sud des quartiers de Barcelone où se déroulent les actions de Teresa l’après-midi, Adieu la vie, adieu l’amour, Les Nuits de Shanghai ou Des lézards dans le ravin. Au sud des quartiers de son enfance…
Sans être à proprement autobiographique, l’œuvre du romancier catalan puise obsessionnellement aux souvenirs de l’adolescence. Sa naissance tragique, son destin romanesque offriraient à tout autobiographe une source intarissable de pathos et de larmes. Qu’on en juge : Juan Faneca Roca vient au monde le 8 janvier 1933 à Barcelone et sa naissance provoque une dégradation de la santé de sa mère qui meurt quinze jours plus tard. Peu après, le père de l’enfant prend dans son taxi un jeune couple qui sort de la clinique : la jeune femme vient de perdre son premier enfant et ne pourra plus en avoir. Ils s’appellent Marsé et en apprenant que leur chauffeur vient de perdre sa femme, ils lui proposent d’adopter le jeune Juan. Juan Faneca Roca devient dès lors Juan Marsé… Bon nombre d’écrivains auraient forgé, là-dessus, un monument de culpabilité douloureuse. Causer la mort de sa mère et se faire ensuite « abandonner » par le père, voilà qui ouvre la voie royale à une œuvre larmoyante et plaintive. Mais Juan Marsé n’est pas de cette eau-là. Dans Des lézards dans le ravin, le narrateur, encore dans le ventre de sa mère, qu’il fatigue, rivalise de malice avec son frère aîné, David, un garnement drôlement doué pour tourner en bourrique la police franquiste. Comme si, dans la veine populaire, la vie trouvait toujours le moyen de rire de ses drames. Mais n’allons pas trop vite. Pour que les romans se nourrissent de l’enfance, il faut que celle-ci trouve une époque et un lieu pour s’épanouir. L’époque n’est pas idéale. La guerre civile espagnole déchire les familles, et les bombardements de Barcelone en 38 poussent le gamin dans les stations de métro et dans les refuges où il passe...

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