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Dossier Juan Marsé
La vie réinventée

mai 2004 | Le Matricule des Anges n°53 | par Thierry Guichard

Juan Marsé aime construire des fables merveilleuses pour les détruire aussitôt en un geste qui libère toute une humanité.

(…) Les meilleures aventoches étaient celles que racontait Java les jours de pluie (…) Java eut pour la première fois l’idée d’introduire dans l’aventure inventée un personnage réel que nous connaissions tous, Juanita « la Paille », une orpheline recueillie par la Maison de Famille de la rue Verdi. À cet instant, voyant Juani prisonnière de l’aventoche, nous retînmes notre souffle et l’auditoire attendit déconcerté. Avec le temps, Java perfectionna sa méthode : il s’introduisit lui-même dans les histoires et finit par nous y mettre aussi, et le jeu devint réellement prenant car au moment où on s’y attendait le moins, un des auditeurs pouvait apparaître dans un rôle décisif et remarquable. » Les fameuses « aventis » que Juan Marsé utilise tout au long de Adieu la vie, adieu l’amour donnent une image assez juste de son œuvre. Comment ne pas voir dans Java, un avatar du Juan Marsé gamin qui, au lieu d’aller s’ennuyer à l’école très catholique, préférait la compagnie des charnegos et des Kabyles du Mont Carmel ? Ces aventoches sont un peu comme des galéjades à la sauce catalane : c’est-à-dire qu’on y évoque des pères disparus, morts ou enfuis pendant la guerre civile, on y transforme des petits truands en héros de la résistance. On y brode des aventures prises dans le quotidien des familles autant que dans les films que le Roxy ou le Delicias passaient en séances continues : Le Voleur de Bagdad, Le Signe de Zorro ou Les Tambours de Fu-Manchú. Quand on n’a pas de père, mais « l’estomac vide et le pou vert » (Teresa l’après-midi), quand les araignées noires des phalanges franquistes, sur les murs où elles ont été peintes, résistent aux jets d’urine qu’on leur destine, l’imaginaire offre un monde toujours meilleur. De la nécessité de s’inventer des fables et de la lucidité de n’y pas croire : toute l’œuvre de Juan Marsé semble bâtie sur ce paradoxe.
Son premier livre, Enfermés avec un seul jouet (1960), marque les limites infranchissables de l’espace romanesque à venir. Nous sommes à Barcelone en 1949 (et par la suite ce sera toujours Barcelone et souvent dans les années franquistes). Andrés est amoureux de Tina qui a été fiancée à Martín. Il passe ses journées chez la jeune fille et sa mère. L’atmosphère est lourde. Martín et Andrés ont perdu chacun leur père durant la guerre, celui de Tina est parti au Brésil d’où il envoie parfois quelques nouvelles, un peu d’argent. Barcelone est un tombeau : « Il n’y a plus de gaieté. Il n’y a plus que de l’ordre. » Si l’on pense beaucoup à Tennessee Williams, dans l’atmosphère de ce premier roman, c’est que déjà Marsé a peaufiné son esthétique du roman visuel. Un exemple : pour faire sentir l’inanité des prétentions, il montre l’évolution, dans la même soirée, d’un accessoire vestimentaire que porte Andrés : une cravate bleue qui d’abord donne « à tout ce qu’elle frôlait un air d’euphorie récente qui lui était insupportable. » Plus tard, « sa longue cravate lui pendait au cou comme un projet oublié,...

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