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Dossier Juan Marsé
Portraits d’une œuvre

mai 2004 | Le Matricule des Anges n°53 | par Thierry Guichard

Les treize nouvelles du présent recueil ne sont pas toutes inédites ; ainsi avait-on déjà pu lire « L’Étrange Disparition de R. L. Stevenson » et « Le Fantôme du cinéma Roxy » et ont été écrites à des époques différentes, souvent pour répondre à des commandes. La variété des tons qui résulte de cet assemblage permet d’envisager l’étendue de la palette de l’écrivain. « Histoire de détectives », qui ouvre le livre, dit assez bien ce que l’auteur doit à son enfance. Nous voyons d’abord cinq individus rassemblés à bord d’une Lincoln « pour un petit travail spécial ». Marès veut envoyer ses hommes en filature. Nous sommes à Barcelone sous le franquisme et on s’interroge d’abord sur l’identité des détectives, avant de découvrir qu’ils ne sont que des gamins qui ont investi l’épave d’une voiture pour jouer aux détectives.
« Le Fantôme du cinéma Roxy » évoque l’ancienne salle obscure devenue une banque à travers le dialogue à couteaux tirés d’un réalisateur et de son scénariste. La fantaisie, la drôlerie des sarcasmes que chacun réserve à l’autre laissent percevoir la nostalgie d’un temps révolu. Marsé joue de sa schizophrénie en opposant l’homme de l’écrit à l’homme de l’image. Une vraie poésie se détache de leurs joutes. « Le Lieutenant Bravo » est une allégorie réaliste : un lieutenant veut donner un peu d’exercice à ses hommes et fait venir à la caserne un vieux cheval d’arçon. Le saut qu’il va leur demander nécessite vigueur et courage et il se donne en exemple. Chacune de ses tentatives lui vaudra une gamelle de plus en plus spectaculaire et douloureuse, mais son honneur le contraint à s’entêter jusqu’à risquer la mort. Marsé excelle ici à maintenir l’équilibre entre le ridicule du gradé et sa dignité d’homme.
« Nuits du Bocaccio » pourrait n’être qu’une nouvelle à clés, dans laquelle l’auteur se moque de la gauche divine, mais la qualité des portraits et l’ironie tranchante en font un bonheur de lecture. Un bellâtre, tombé dans le lit d’une égérie des nuits branchées, s’amuse à taper un matin sur une machine à écrire qu’elle possède. Comme il ne sait quoi écrire, il pique des paragraphes au hasard dans un roman. Le texte découvert par la belle devient vite un chef-d’œuvre pour toute l’intelligentsia qui veut absolument rencontrer le chéri. Les éditeurs font monter les enchères. Très drôle, le texte règle ses comptes avec les tenants d’une modernité formaliste. « Le Pacte » touche au fantastique : un communiste et un franquiste décident mutuellement d’oublier une journée peu glorieuse de leur passé respectif. Ces deux dates gommées de leur mémoire, le monde aussitôt se transforme comme si, effectivement, les deux journées n’avaient pas existé. Et le communiste alors se retrouve dans la peau de l’autre… Habile à conter (lisez sa nouvelle érotique, elle est une merveille) Marsé cependant possède un souffle qui nécessite plus de volume. Les nouvelles sont l’apéritif de son œuvre : elles permettent un grignotage que les...

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