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Dossier Pascal Commère
Dans la fraternité des bêtes

juillet 2004 | Le Matricule des Anges n°55 | par Thierry Guichard

Avant de devenir écrivain et poète, Pascal Commère se rêvait jockey sur les traces d’un père mort prématurément. Les lignes droites des champs de courses, changées en lignes d’écriture puisent leur sang d’encre dans la noirceur d’un deuil impossible. Pour trouver un chant à hauteur d’homme.

Les premières chaleurs de l’été, sur la départementale de Bourgogne qui enjambe le canal du même nom, donnent aux charolaises l’apparence qu’on leur trouvait, déjà, dans les poèmes de Pascal Commère : « bêtes/ mufle au sol, toutes sans rien qui inquiète et fasse/ à l’une lever le cou, sans souci autre que de traîner/ une ombre quasi géométrique » (Bouchères). Les champs ont rangé leurs herbes, comme si le paysage, au nord-ouest de la Côte-d’Or faisait sa revue d’effectifs. Pour un peu, devant la propreté méticuleuse des rives du canal, on se croirait dans cette Suisse dont le poète affectionne les écrivains : Roud, Chappaz, Chessex ou Ramuz. Les quelques nuages dans l’azur jouant parfaitement leur rôle de figurants pour cartes postales. Mais on sait, pour avoir lu Pascal Commère, combien la nature peut aussi être d’une matérialité plus sauvage où le jaune de l’urine, le rouge des entrailles et du sang viennent mordre aux tendres couleurs des images d’Épinal.
Le poète habite, non loin de Semur-en-Auxois, un petit village dont le nom fait penser à la pluie et à ces vêtements légers qui nous en protègent. Un virage à l’entrée du bourg laisse fuir une petite route bordée par une manière de ru où l’eau glisse. C’est le long de cette échappée belle que l’homme nous attend, au seuil de la maison familiale qu’on connaît déjà un peu si on a lu Solitude des plantes. L’homme a promis une dégustation de cerises, on s’est juré de ne pas toucher au vin. Le texte qu’il consacre à Jean-Claude Pirotte dans son livre de « salutations » confirmant ce qu’on n’ignorait pas : notre hôte est un bon compagnon de table et de zinc. Sous le regard furibard du jars et hautain de l’oie, nous irons nous enfermer dans la cabane où des bouts de phrases, découpés sur une planche, témoignent de la façon avec laquelle le poète agence ses vers.
Comme Jean-Loup Trassard auquel d’ailleurs Commère consacre quelques belles pages dans D’un pays pâle et sombre, notre hôte vit sur les lieux mêmes de sa jeunesse. Né en 1951 à Semur-en-Auxois tout proche, c’est bien à Marigny-le-Cahouët qu’il passe une enfance fiévreuse. La première maison où il grandit jusqu’en 1958 a été démolie, il y a quelques années. Mais « grandir » ne convient pas, on le verra. La maison jouxtait le château du « comte », comme le nomme son premier roman. Le père, jockey, entraîne les chevaux du châtelain avec lequel il partage la passion des pur-sang. Situation sociale ambiguë en ces terres paysannes : « nous étions très proches du châtelain : nous en étions des sortes de petits-enfants. Un moment, j’ai pu me croire son fils : comme je le raconte dans Chevaux, il voulait m’acheter une jument. » Cependant la situation financière ne suit pas cet apparent statut social : les courses en province ne rapportent pas beaucoup.
Le père avait « l’âge de Frénaud », puisque né en 1907. Abandonné par sa mère, il a quitté jeune son foyer mayennais pour s’installer en Bourgogne au sortir de la guerre. Plus âgé...

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