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Dossier Laurent Gaudé
Les oraisons vitales

octobre 2004 | Le Matricule des Anges n°57 | par Thierry Guichard , Laurence Cazaux

Si Laurent Gaudé donne la voix aux ombres et aux morts, c’est toujours pour célébrer la vie et renouer les liens avec ceux qui nous ont précédés. Taillée dans l’urgence de vivre et de dire, sa langue épouse dans son nouveau roman le silence des Pouilles et la lumière des humbles.

Il ne prend pas seulement le temps de réfléchir à ses réponses, interrompant sa phrase pour chercher une image, une illustration de ce qu’il veut dire. Dans son petit appartement du boulevard du Montparnasse, qu’il s’apprête à quitter bientôt, faute de place, Laurent Gaudé semble désireux aussi de savoir ce que ses lecteurs ont trouvé dans ses livres, et plus particulièrement, dans son roman Le Soleil des Scorta. Comme si sa pratique du théâtre faisait de nous les interprètes de ses romans, et qu’il se trouvait dès lors dans une improbable salle de répétitions, attendant de voir ce qui va surgir de la lecture de son texte par les autres. On est bien, dans son œuvre et dans cette façon attentive d’écouter, au cœur d’une transmission. Transmission d’une fiction, de onze fictions qui interrogent et chantent le miracle lumineux qu’est la vie. Transmission d’une expérience puisque l’écriture, pour lui, agit comme une plongée et une traversée boulimique de sujets ou thèmes parfois récurrents. Transmission de voix venues de l’histoire de l’humanité, de l’histoire des fictions ou du désir de ressentir la réalité complexe du monde.

Il y a dans toute votre œuvre la volonté de porter la parole des morts. On la retrouve aussi bien dans Cris que dans Le Soleil des Scorta, dans Combats de possédés que Salina. Pour vous l’écriture revêt-elle une fonction orphique ? Se doit-elle de reprendre la parole des morts ?
Oui, c’est certainement une des fonctions que je place dans l’écriture. J’en mettrais volontiers deux qui sont antagonistes. Selon les textes, je joue de l’une ou de l’autre. Il y a donc la fonction que vous évoquez : ce devoir d’écrivain que j’ai de prêter ma plume aux morts, aux choses révolues. C’est quelque chose que j’aime bien et qui m’émeut dans les textes des autres. L’écriture comme oraison. Il y a ça chez Malraux. Quand il écrit La Condition humaine, c’est pour qu’on se souvienne des insurgés de Shanghaï. L’écriture prend en charge ce que l’Histoire a oublié ou mal traité. Il y a ça aussi dans René Char. Et il y a dans Du Bellay, un vers que j’adore : « Ne suis-je pas Morel, le plus chétif des hommes ? » Je me suis demandé pourquoi il utilisait un nom propre, celui d’un de ses amis. Je trouvais que c’était bête, que ça réduisait la portée universelle de l’écriture. Finalement, je me suis aperçu que c’était beaucoup plus beau. Il y a ce que dit le vers et, parce qu’il y a ce nom propre au milieu du vers, l’adresse à cet homme donne l’universalité.
Je ne sais pas pourquoi j’ai écrit Cris et pourquoi je me suis intéressé à la guerre 14-18. Je n’ai jamais entendu parler de cette guerre dans ma famille. J’ai décidé à un moment que c’était mon histoire et que je voulais me souvenir de ça.

C’est le rôle de l’artiste de prendre ces voix ? Jules, le personnage de Cris sculpte la terre au nom de ceux qui sont restés dans les tranchées…
Non. Jules, je ne l’ai jamais envisagé comme devenant un artiste. J’ai...

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