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Domaine français Valse lente

octobre 2004 | Le Matricule des Anges n°57 | par Thierry Cecille

L' Oubli de la natation

Un décor : port de pêche aux « aspects riants », proches marais peu recommandés, bistrot des marins, conserverie Terblanche désaffectée, et demeure bourgeoise, fantomatiquement habitée, des dames Terblanche. Personnages : marins pêcheurs aux surnoms burlesques, fossoyeur boiteux mi-Saturne mi-Héphaïstos, prostituées vieillies ou plus neuves. Scènes : « branle-bas » soûlographiques, promenades sous la pluie, enterrements de maquereaux dans le jardin, naufrages réels ou imaginaires. On pourrait craindre le pire : du pittoresque à la Mac Orlan, hâtivement replâtré. Mais, par bonheur, nous sommes bien plutôt du côté de Perros : le narrateur, solitaire sensible sans sensiblerie, ne cesse de monologuer, pour nous, sa vie. Cette voix, « legato, staccato », mimant une oralité crédible, entre ressassements des gestes quotidiens, méditations ébauchées et maximes hasardées, force notre sympathie et nous entraîne. Comme face à un ami, d’ordinaire taciturne, qui, un soir, sous l’effet d’un alcool partagé, se débonde, nous faisons silence et écoutons cette Odyssée en cul-de-sac, cette épopée sans héroïsme autre que celui d’une conscience en éveil, face à un présent toujours recommencé, qui se veut sans avenir ni passé, même si, comme la natation ou les bonnes manières, la mémoire ne se laisse jamais vraiment oublier. C’est la vie, eau lente, mais violente, « de la vie en tête-à-tête, solitaire, comme le vers on se tortille ». Il n’est même pas certain qu’il faille chercher quelque parabole dans cet affrontement mystérieux des pêcheurs et des maraîchers, dans cet échouage, peut-être provoqué, de la Captivante, dans ce drame passionnel qui, fugacement, viendra bouleverser l’atonie réglée. Seules comptent l’amitié discrète et souvent silencieuse, la « délicatesse » de certains gestes, la « magnifique poitrine flétrie » d’une femme qui, véritablement, se donne. « S’accommoder du minimum, voilà l’essentiel, qui est nécessaire. »

L’Oubli de la natation d’Arthur Bernard
Champ Vallon, 308 pages, 19

Valse lente Par Thierry Cecille
Le Matricule des Anges n°57 , octobre 2004.
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