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Entretiens Courir sans jambes

février 2005 | Le Matricule des Anges n°60 | par Camille Decisier

L’un des tout premiers textes de Jean-Marc Aubert, aujourd’hui réédité, retrace l’odyssée sportive et philosophique d’un cul-de-jatte tatillon. Cette fable burlesque et dérangeante inaugure une œuvre qui porte un regard étonné sur la condition humaine. Rencontre avec un auteur paradoxal, amateur de chiffres et de lettres.

Argumentation de Linès-Fellow

Illustration(s) de Julien Aubert
Editions Arbre Vengeur

Mell Fellops porte un nom étrange. Mell Fellops est cul-de-jatte. Mell Fellops vit dans une petite bourgade désagréable du littoral sud de l’Angleterre. La vie simplette de Mell Fellops est réglée comme du papier à musique. Rien n’est plus banal que la vie de Mell Fellops, si ce n’est peut-être une tendance boulimique à l’inventaire de ses lectures forcées (« Soleil au zénith, 165 pages, 5 heures 16 minutes ; Le Géranium et sa culture, 70 pages, 2 heures 10 minutes »). Si ce n’est sa résolution de participer, contre toute attente, au marathon organisé par le club sportif de la ville. Vingt-six miles (les Continentaux diraient une quarantaine de kilomètres), bouclés en trois heures par le gros du peloton. Arrimé à son fauteuil renforcé de roues-chenillettes, traînant derrière lui la boîte-chariot contenant son matériel de survie, Mell Fellops ne prend pas le départ de la course : il part en voyage. Par monts et par vaux, sur l’asphalte rugueuse ou le sable poisseux, sous les huées de la foule puis l’indifférence générale, puis de nouveau les huées, Mell Fellops pousse, tire, rampe, roule-boule sur les dunes, ahane, fait la tête, essaie de réparer l’horlogerie de son quotidien, joue de l’harmonica, rédige des notes de lectures, s’endort sous les abribus, abandonne sa boîte-chariot, souffre, se plaint, perd la parole, inventorie les reflets mouillés du soleil sur le macadam et la vie des insectes qu’il contemple, appuyé sur ses moignons sanglants, avant de reprendre la compétition. Son compère, Linès-Fellow, médecin de son état, accompagnateur pervers et attentif, relate avec une cruelle neutralité, sans aucune concession, ce périple de quatre-vingts jours, l’épopée absurde et insoutenable de Mell Fellops.
La question n’est pas de savoir comment Jean-Marc Aubert parvient à combiner ce sens aigu de la dérision et cette intransigeance assumée, revendiquée, vis-à-vis de la langue. Il s’en explique lui-même dans la préface. L’écriture est soignée à l’extrême, irrévérencieuse mais d’une irrévérence toute british, allez savoir pourquoi, en porte-à-faux avec la cruauté du sujet, son audace philosophique, le challenge émotionnel qu’il propose à son lecteur. Car c’est un attachement troublant, où le voyeurisme le dispute à la compassion, que nous portons au marathonien cul-de-jatte, victime consentante d’une vaste engeance sadique et masochiste dans laquelle les premiers seront les derniers, et où la mutilation mentale, corporelle, se transmet comme on passe un relais. Le texte, publié en 1982 chez Albin Michel, n’a rien perdu de sa saveur ni de son actualité.
La vraie question est de savoir si Mell Fellops relèvera son défi. Sans agressivité, sans parti pris, sans fleurs ni couronnes ni champagne précoce, sans siffler ni huer, suivons Mell Fellops, Candide moderne et un peu écœurant, dans sa course transgressive parmi le monde des valides, des normaux. Regardons-le nous montrer si oui ou non ça existe, un demi-homme. Jean-Marc Aubert, auteur...

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