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Dossier Dominique Fabre
Le méridien du cœur

septembre 2005 | Le Matricule des Anges n°66 | par Thierry Guichard

Dominique Fabre écrit pour retrouver la part commune des hommes, la partager peut-être. Ses fictions naissent au plus près de ceux-là même qu’on croise dans les rues. Ces anonymes, nos frères. « La Serveuse était nouvelle » ou comment dire en peu de mot l’essentiel d’une vie.

Quand il écrit une carte postale à sa mère Isabelle, l’Edgar de Ma Vie d’Edgar ne fait pas dans la prolixité : « moi ça va, tan Gina ça va, Ton Jos ça va, le temps ça va ». Et quand on lui demande s’il va bien, s’il est content, s’il a faim, s’il veut sortir, rentrer, il répond quasiment toujours : « ben oui ». Chez lui, les mots trouvent plus facilement le chemin de l’écrit que celui de l’oral. Or, il ne fait aucun doute qu’Edgar est l’alter ego de l’enfant que fut Dominique Fabre. On ne lui a pas demandé confirmation de cela, il aurait de toute façon répondu : « ben oui ». C’est comme si le langage, tant qu’il n’est pas couché sur le papier, fuyait devant ce qu’on essaie de lui faire dire, rendant a priori tout discours impossible. Pourtant, dans les silences qui jouent à finir les phrases laissées en suspens, dans un haussement de sourcil par-dessus ses lunettes, dans la proximité qu’instaure l’écrivain avec son interlocuteur, quelque chose passe, d’indéfinissable, qui rend compréhensible ce qui n’a pas été dit. Dominique Fabre parle comme certains de ses personnages : en creux, en points de suspension, en rires pointillés. Une manière humble de faire de la parole le lieu d’une connivence.

On pourrait définir deux veines à votre œuvre : celle qui semble autobiographique avec Un jour moi aussi, j’irai loin et parle de l’enfance avec les deux romans d’Edgar et puis celle qui fait le portrait de gens dans cette banlieue d’où vous venez. Vous avez commencé avec la veine autobiographique et vous vous êtes dirigé depuis Mon quartier vers cette deuxième voie. Avez-vous le sentiment d’avoir opéré une distanciation ?
En fait, je me demande si un jour cela va se rejoindre. Si le côté enfance va pouvoir s’intégrer dans des histoires qui me sont plus éloignées. Dans La Serveuse était nouvelle, en prenant un personnage comme le garçon de café, on peut dire des choses très simples, des sentiments qu’on ne pourrait pas dire en s’impliquant soi-même comme personnage de fiction. Ça coule bien mieux dans la bouche de quelqu’un qui est vraiment autre. Je ne sais pas si c’est le fait de vieillir, mais je me sens aujourd’hui plus proche de Pierre, ce garçon de café, que d’Edgar.

Quels sentiments sont plus faciles à exprimer en se mettant dans la peau d’un autre ?
Le sentiment de solitude. Ce sont des portes ouvertes, mais quand tu avances dans le temps, tu fais l’expérience de la solitude. Tu sais que tu es seul et tout ce que tu fais, tu sais que ça compte et que ça ne se représentera plus, que ça arrive une fois seulement. Tu perds une certaine naïveté. L’expression de la solitude pour moi est de plus en plus importante.

Votre premier roman, Moi aussi un jour, j’irai loin est écrit à la première personne et raconte l’errance d’un chômeur de longue durée. Pour parler de lui, il évoque des personnages qu’il a croisés. N’est-ce pas symbolique de votre œuvre : le matériau est autobiographique, mais le refus de...

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