La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Nouvelles Une tête huit pieds (Le chiffre de la bête est 888…)

septembre 2005 | Le Matricule des Anges n°66 | par Ludovic Bablon

> KIDNAPPING D’UN JUNKIE / ÉPISODE 8.

> Résumé de l’épisode précédent :
Après un règlement de comptes des plus tortueux, le junkie est parvenu à s’échapper ; le souvenir de son passage laisse place à deux cadres qui gisent, désorientés, inactifs, sous le soleil des Îles ; ces têtes ne se disent-elles pas quelque chose ?

Avait : sa jupe de pétrole gris, fondu sous elle en une flaque noire ; avait : la nature, planté dans le ciel un champ visuel entièrement bleu qui oscillait entre l’absence de tout nuage et rien d’autre ; avait : dormi, l’ex-employée, sans se rendre compte du type, toute la matinée ; avait : quand, elle, il, bondi, levé : s’était !


 Le Directeur ! Moi, recevoir, au sortir de tant d’impérities, de cris, de cracks, de coups de croquignolos, en guise de prime après tant de bons et travaux loyaux forcés un criminel craquant au noir cheveu, aux roses joues, au torse caramel. Malgré les incertitudes, les pertes, les défaites, il y a à peine vingt-quatre heures j’allais mourir : j’étais morte ; à l’heure d’aujourd’hui, tout ce que j’ai c’est d’être en vie ; c’est beaucoup et j’y tiens : ne vous approchez pas.

 Du tout, vous trompez, sourit-il bien, veillant ; me tout vous expliquer. Ma fonction de Directeur n’était qu’un camouflage. Dites, vous a-t-on déjà violenté ? Je veux dire. Parfois, il arrive que certaines personnes dépassent les bornes et entrent dans la violence, elles bondissent alors dans la sphère d’autrui et, d’un coup de croc dans la nuque, n’en démordent plus : celui-ci est leur proie. C’est ce qu’on appelle violenter. Dans ce cas madame, ce n’est jamais que j’ai violenté quelqu’un seulement par mégarde, il faut me croire, sinon, je vous tuerai ; calmez-vous. Ni que Directeur ; ne me croyé, quoikilensoite, j’en dispose du récif. C’est une histoire complètement croyabe, parce qu’elle ne repose que sur des mécanismes naturels, comme le shampooing aux yeux. D’apré vous, qu’est-ce que c’est que ce bout de terroche qu’on apervoit là-bas ?

 Le fragment de continent, là-bas ? c’est peut-être la Farança ?

 Exact ; c’est la Farança. La Farança, madame, c’est justement dans ce beau ratoir-là que j’officinais jusqu’à tout récemment. En effet, j’y étais plongeur, tous cols en avant, comme prestataire de périlleuses missions pour un centre secret dont on ne doit pas du tout dire le nom etcestassavoir : Centre de prévention et détection des céphalopodes furtifs anonyme et gratuit ; centre de… Vous connaissez ? On l’abrège en Institut multivalent pour la résiliation des bêtes molles, molles comme dans mou, moudre. Il effectue les tâches suivantes de détecter tout trouble en leur provenance qui les identifie comme fauteurs à l’ordre civique ! En effet… s’est trouvé que sur l’autre rivage y a si peu de temps étais en immersion dans le cadre d’une banque, macache, quelle espériensse ! Le saviévou ?

 Vous mentez !

 Nan ! Le saviévou ? À l’exclusion de la lutte à l’encontre les sorciers, espèce à quoi inéluctable on ne peut rien y faire, les céphalopodes et en général tout ce qui y rassemble est en passe de devenir le Fléau Vraiment Principal car, Dieu sait le mal qu’ils peuvent fournir en une époque de leur vie. Des mafias, ici et là, puissantes, s’élèvent sur les continents. Mais il en est une, ne sachons pas l’ignorer, qui s’ingurgite et s’engourbe sous la mer un moment, pour mieux surgésir à la surface et périller le pourtour erbopéen, ce qui est précisément celle des céphalopodes furtifs qui d’après une longue marche vers l’intérieur des territoires, sillonnent chaque jour notre pays, sans laisser voir leur pensée molle qu’aux quartiers vides et aux forêts claires. Ils ont, dans nos contrées, des trajectoires asymptotiques, frôlant à un moment le réel, et pour le reste, dissipant dans les airs une cérébralité frénétique, ils étendent leurs lobes jusqu’aux lointains. Ainsi, il existe un criminel du nom de Céphalopode. C’est quelqu’un pas comme un autre et qui a huit pieds dont six de trop, pour être honnête. Dans tous cas est-il que seule bête est coupable, vertu de quoije est finalement vous garantir contre elle qu’en confusion et méprise, vous ai tuée. De lui seul méfier se faut-il : en effet, virgule, cette phrase continue stop ; et moi, pas Directeur. Deuxièmement.

 Quoi ?

 Rétro-contrôle, ok. Deuxièmement, il est question d’individus sans nez et sans oreilles, mais très capables par ailleurs ; leur problème principal, est d’être mous. Infectés au fourboscope ils révèlent une ineffable tendance à entrer dans les gens. Il y a une raison physiologique, à ça, d’après les biopsies pratiquées sur tous leurs amis repêchés au large des côtes de la précarité et de l’angoisse, elle est de deux façons qu’en cause de mutation par manigance ne se nourrissent, de un, que d’herbe qu’ils ingurgitent en la fumant, de deux, que si quand, il a besoin, surtout, d’une armature solide, de préférence en os humain, pour que logeant en le crâne il puisse s’amidonner à la congestion quotidienne de cette accoutumance, yes ! Ce pour quoi ils sont pourchassés consiste en la réalisection d’incursions prédatrices d’un corps neutre nommé tox ou junk, que le céphalopode-germe aussi nommé céphalopode submature (je vous passionne avec les détails) innerve par surprise lors d’un bain, d’une douchette ou d’une baignadette ; qu’en sorte de quoi guidé par les effluves qui s’échoppent du baigneur, est investi par une oreille ou une arine le cervictime et effectivementre, vous le dis-je, appert-il que l’individu touché incursionne, après un temps d’incubation, dans les quartiers sauvages où il demande à qui de droite de gauche son dû, à méfu ; même aussi les plus proprets des indivis peuvent s’agir d’être stupéfaits un jour par l’effraction d’un cortex extérieur à la consistance aussi glaireuse que confuse, qu’indécise, que Mabuse, que la gaze ou encore Archimède. À phase de maturité, ils oscillent frénétiquement entre la tendance à ronger le cerveau jusqu’au dernier lobe, et l’envie de danser sous la mer, ce qui occasionne aux intéressés maints troubliches de la tête qu’on appelle mots tels crac ou croc. Ma ceci diche… que consista-t-en quoi mon travail ? En cela même que je thésaurisais à leur propos tous enregistrements disponibles de leurs gestes faites et dites, et qu’à ces fins mon attention s’était contrée sous peu sur un de leurs exemplaires que je surveillais de très près au point l’avoir un jour sous mon bras puisquellesquezeur à près, ses tentacules qui malaxaient mes joues en crachant la fumée avec comme quoi des déboires cependant m’a échappé d’un coup car ce sont des bêtes fourbes, c’est le termé qu’on utilisache pour l’affermoyer, hum hum, en farançé. Back back, reviens ! Ainsi étais-je posté, habil, dans les joncs du rivage erbopéen, surveillant les allées mes venues des criminels poulpeux, quand je vis s’hébiller d’une innocence parfaite un inévitable baigneur qui, pulsa dans un musette en sortit un pied de huit têtes, huit têtes énormes ! Il enflamma cette torche, souffla comme un malade, et d’ici trois saltos huit brasses, perdit pied dans la masse immense : muni d’un tuba et plus palmé qu’au milieu du jus de cannes un réalisateur danois, je le suivis. C’était à l’époque de la ponte : des milliers d’individus s’étaient rassemblés sous six kilomètres de pesanteur liquide, et attendaient là, écrasés par l’extase, inertes, de flotter contre quelqu’un d’autre ; à chaque contact hasardeux, les glandes reproductrices des céphalopodes outrageants émettaient une urine fertile et glaireuse, légèrement teintée de sang. Nous oscillions lentement dans cette pouasse blanche, en opérant des boucles déceptives, montant avec les yeux jusqu’à l’orgasme, mon client et moi. Il cogitait en combi, l’œil rivé au troupeau de mollusques fous qui planait tout autour de nous. En ressortant, j’ai trouvé qu’il était un peu un autre homme, avec ses deux tentacules en formes de tresses, qui lui cernaient le cou avec un aspect luisant et liquide dans un coloris bordeaux. Je le pris en chasse et découvris bien vite le détail de ses agissements en entrant en fonction d’observation secrète par la fenêtre d’un dernier étage bancaire vacant sous mon camouflage officiel. Depuis des heures et heures d’observation du junk, mon enquête tirait des bouffées sur sa fin à ma fenêtre, qu’en je vis mon animal pris tout à coup de convulsions et de délire ; apparemment, la bête avait acquis une taille zassé respectable pour malamener ce pauvre homme qui se débattait contre lui-même dans ses souffrances au pied de la tourbe. « Atrocité ! », me dir-je, et je froussai sur lui pour l’aider dans sa luthe, tandis que vous sortites puis dans la confusion, vous plantai par mégarche qui vouliez m’empêchez de le sauviez ! Uil et ouam évoluassions jusqu’à des décors slictieux et forrastes de bois brûlés dans des chambres de combustion verdurées pendant qu’il me déliait la langue au piège avec un joint et une cordelette. Que croyez-vous que ça peut vouloir dire ? Bien que ce fut la pire enquête, à tout cela je dirais yes, si ce n’est qu’hélas il s’enfuya, ignorant tout du destinée qui l’attendait au coin du bois comme chaque bloc perpendiculaire attend chaque flâneur dans chaque municipalité farançéz. Alors que sonne en ce moment même l’heure actuelle, kidnappé de l’interne, ce junk est condamné à se faire éclore sous très peu de temps et beaucoup d’eau, car de mémoire de buffle, même un abîme-girafe ne triomphe pas d’un céphalopode ; contre deux grues, un céphalopode construit des coups insurmontables ; bref, aucune chance. Le pauvre, il se noiera dans les pelouses océaniques après un petit craquement sec, c’est redoutable et c’est la documentation qui le dit, mais n’est plus notre à faire. Je clôrai son dossier dès que nous aurons refabriqué de nos mains des feuilles et des stylos pour consigner tout cela ; c’est moche, mais que voulez-vous. Sale boulot, pas vrai ?
Voulut : et il, pour preuve, en, des drrames du passer toute jonchée des coquilles, la plage. « Et dire qu’il n’est encore au courant de rien ! », se détourna mentalement la jeune femme ; « Chère moi, juste un petit message pour te dire que je renonce, par la présente, à toute ambition intellectuelle kellekelle soit ; dans le même mouvement d’émancipation, je lègue dès à présent mon cerveau à la mer, souhaitant la chance à tous ceux qui s’ensuivent » ; elle dit, et dans la contemplation intense entre ses doigts du sable moulufin de la plage mirifique de Toxville elle geonpal ! pongeal ! plageon ! plongea !, à l’autre bout de la progression atroce, très loin déjà, d’un convoi d’art et de gens véritablement exceptionnel. Sans toit, sans fonds, à découvert, en déshérence, ainsi finissent les cadres dans notre univers parallillobipède.

> Au prochain épisode : Pour Margot, c’est le moment, mais pour le céphalopode, combien plus ! Quoi qu’il en soit, malheur à qui ignore son imminence.

Une tête huit pieds (Le chiffre de la bête est 888…) Par Ludovic Bablon
Le Matricule des Anges n°66 , septembre 2005.