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Dossier Jean Echenoz
La dernière Gauloises de Maurice

février 2006 | Le Matricule des Anges n°70 | par Emmanuel Laugier

Sur la plage de Saint-Jean-de-Luz, en 1923, on voit Maurice Ravel en compagnie du pianiste Ricardo Vines et d’Hélène Jourdan-Morhange, amie et interprète fidèle. Lui, un cran plus bas sur la photo, est droit comme un i, sa main droite tient une Gauloises. On voit ses chaussettes, puisqu’il aura remonté de 3 cm son pantalon pour éviter à ses revers de se remplir de sable. Motif type écossais, carrés noirs filés de blanc, elles se logent dans une très belle paire de chaussures à lacets, un peu pointues. Plus haut, le visage de Ravel est d’un stoïcisme qui le ferait presque être un sujet rapporté dans la photographie. Son regard est comme absent, et peut se comparer pourtant à deux billes noires décidées. Cela lui donne un air un peu raide, si on lui ajoute une bouche impassible très serrée à l’horizontale. Ce regard, on pourrait dire que Jean Echenoz aura cherché à nous le faire voir dans son roman Ravel, bien que celui-ci s’empare de la vie du compositeur français quatre ans plus tard, en 1927 (Ravel est au sommet de sa gloire) pour l’accompagner jusqu’à sa mort en 1937. Il a alors 62 ans. Tout commence à Monfort-l’Amaury, Ravel est sur le départ pour une tournée aux États-Unis, Hélène l’attend dans sa petite voiture toute grise : dès les premières pages, inspection de la maison avant de la fermer à double-tour, vérification de dernière minute, toutes les contradictions de ce personnage, comme tatouées sur son apparence, Echenoz nous les fait percevoir clairement : « Vous auriez peut-être pu me faire attendre chez vous plutôt que dans la voiture, s’aventure-t-elle en actionnant le démarreur, vous avez vu le froid qu’il fait. D’un bon sourire sec, Ravel fait valoir qu’il était nécessaire de mettre un peu d’ordre chez lui avant de partir, c’était toute une affaire, il a dû courir partout. Déjà qu’il n’a pas fermé l’œil de la nuit comme d’habitude… » Et les Gauloises, s’empressera-t-il de lancer à Hélène, quelques pages plus loin, y a-t-on bien pensé ? C’est que Ravel, s’il dort mal, fume beaucoup. Et s’habille avec u
La force du romancier se trouve dans sa capacité d’utilisation du détail qui, ici, couplé à la linéarité d’une fin de vie, invente une phrase faite de vitesse, de plans rapprochés, d’arrêt sur image, autant de variations d’un portrait en creux, bipolaire, de Ravel. Les descriptions de son attirance pour les automates et autres chinoiseries, par exemple, nous les mettrons en rapport avec les superbes pages sur le projet du Boléro et son origine visuelle : « Il y a en tout cas une fabrique qu’en ce moment Ravel aime bien regarder, sur le chemin du Vésinet, juste après le pont de Rueil, elle lui donne des idées. Voilà : il est en train de composer quelque chose qui relève du travail à la chaîne ». Nous sommes quelques années avant qu’il ne puisse plus même se souvenir de son œuvre entière, plus écrire, ni nager (atrophie cérébrale dit le diagnostic). Jean Echenoz ira, lui aussi, jusqu’au bout, de la tournée américaine en 1928, au...

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