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Domaine français En mémoire vive

février 2006 | Le Matricule des Anges n°70 | par Thierry Guichard

Pour dresser son autobiographie de l’enfance, Christian Garcin a inventé une forme étrange. J’ai grandi fait penser à un puits dans quoi l’écriture plonge pour en ramener des pans de la mémoire. Écrit sur le mode du Je me souviens de Perec, le livre collectionne d’abord les souvenirs des maisons habitées jadis. Il tire un fil, en accroche d’autres, s’engouffre dans toutes les ramifications de la mémoire. La prose, dans sa plongée verticale, ressuscite des visages, des noms, les ancêtres, les voisins, les premiers sentiments : « ce fut mon premier amour, elle avait vingt ans et moi cinq ». Dans la descente vertigineuse, des images s’imposent, se glissent au cœur des propositions sans laisser le temps à l’écrivain d’ouvrir des parenthèses. Des photos viennent aussi retenir le regard du lecteur : monde perdu, recouvert aujourd’hui par les bruits tapageurs des villes. Garcin porte un deuil parfois amer de ces temps révolus. Du passé aujourd’hui enténébré, la littérature offre une sortie lumineuse : l’écrivain évoque ses premières lectures, ses révélations. L’horizon s’ouvre avec les livres et les voyages en Chine, en Bohême, au Nord d’où l’auteur a ramené le souvenir d’un « léger craquement/ celui de mes cils et sourcils qui avaient instantanément gelé lorsque j’étais sorti, un matin de janvier à Sälen en Suède, où il faisait moins trente-huit ». Le livre est une borne posée aux quarante-cinq ans de vie. Une même inquiétude semble présider à l’écriture des « lexiques » que L’Escampette publie. Sorte de dictionnaire intime, Pris aux mots est un formidable vade-mecum. On saute d’une définition l’autre avec un bonheur léger dû à la richesse de la palette : au pessimisme d’un mot succèdent parfois des raisons de rire. Ainsi la définition de « déconneur » : «  »Quel déconneur je peux être ! « (Cioran, 1/10/70) ».

J’ai grandi, Gallimard, « L’un et l’autre » et Pris aux mots, L’Escampette de Christian Garcin 151 et 110 pages, 16,50 et 14

En mémoire vive Par Thierry Guichard
Le Matricule des Anges n°70 , février 2006.
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