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Théâtre La joie tragique

mai 2006 | Le Matricule des Anges n°73 | par Laurence Cazaux

Pour Olivier Py, « Illusions comiques » est une farce, une pièce philosophique, un conte satirique ou « l’art de faire du rire avec notre impuissance ».

Plonger dans Illusions comiques est une entreprise joyeuse et revigorante. La pièce est menée tambour battant, dans un gai fatras. Cinq comédiens interprètent quarante et un personnages et masques, dont le poète Moi-Même, les comédiens de la troupe jouant leur propre rôle, le poète mort trop tôt, figurant Jean-Luc Lagarce à qui la pièce est dédiée, Le Président de la République, le ministre de la Culture, Le Pape, Dieu, Maman, la tante Geneviève…
Le titre de cette comédie fait référence à L’Illusion comique de Corneille mais son auteur précise qu’elle est « une paraphrase de L’Impromptu de Versailles de Molière ».
Dans cette comédie, le Monde viendrait de basculer dans l’Ère du théâtre. La parole du poète Moi-Même est portée aux nues. Très courtisé, le poète obtient les postes les plus prestigieux. Ses compagnons de troupe préfèrent quant à eux continuer à répéter et initier Tante Geneviève aux mystères de l’art théâtral, avec quelques belles exigences : « Voilà l’art de l’acteur, réclamer un poète ! Tout acteur qui n’a pas dans son jeu cette soif du poète, qui ne la distille pas dans chacune de ses syllabes n’est que le fossoyeur de l’inspiration. » Mais lors d’une conférence en mondiovision satellisée, le débat artistique dérape autour d’une épineuse question de hareng fumé. Le poète Moi-Même est alors accusé de tous les maux, dont celui de ne plus être à la mode. Il va fuir, se cacher dans la fabrique de confiserie de Tante Geneviève où il en est réduit à écrire les blagues pour les papillotes. Dénoncée puis jugée, sa parole va être réduite au silence (pas besoin d’autodafé précise le juge, supprimez juste l’attachée de presse). Le poète Moi-Même va être condamné par le bourreau à nettoyer le plateau du théâtre de Verdun. Il va finir par se remettre à écrire pour sa troupe une pièce qui s’intitulerait… Illusions Comiques. Et devant l’insistance de Tante Geneviève pour trouver des formules pour ses papillotes, tous les personnages et masques de la pièce vont chercher une centaine de définitions du théâtre.
La pièce est très drôle, elle est parcourue d’un grand éclat de rire de l’auteur qui n’hésite pas à se parodier lui-même, dans ses grandes envolées lyriques, pour nous donner à entendre les grandeurs du théâtre et les misères du monde du spectacle. Pour Olivier Py, quand le théâtre parle de lui-même, c’est là qu’il parle paradoxalement le plus justement du monde. L’écrivain pose toute une série de questions fondamentales : « Le théâtre peut-il être encore politique ?… Le théâtre est-il sacré et par quel mystère ? Est-il une sorte de religion du sens ou, au contraire ce qui nous apprend à vivre dans l’absence de sens ? »
Dans une préface, il déclare : « Ceci ne serait pas sans l’intuition que dans l’art théâtral quelque chose de la plus fondamentale aventure spirituelle est en train de se jouer, que là, parmi les accessoires et les tréteaux, une connaissance du fait humain bien plus indispensable que l’opinion et les faits divers est à l’œuvre. ».
Cette pièce en ne se prenant pas toujours très au sérieux, replace au cœur du désir la parole du poète, la puissance du verbe, l’aventure spirituelle et en appelle à la joie tragique. Un vrai repoussoir à morosité. Pour se conclure sur cette centième possible définition : « Le théâtre est récompense de n’avoir rien attendu. »
L. Cazaux

* À noter, La Grande Parade de Py au Théâtre du Rond Point à Paris du 25 avril au 3 juin 2006 avec : Illusions comiques du 10 mai au 3 juin ; Les Vainqueurs en intégrale les samedis et dimanches du 29 avril au 28 mai ; La Jeune Fille, le diable et le moulin et L’Eau de la vie du 25 avril au 26 mai ; Epître aux jeunes acteurs du 26 avril au 28 mai. Et une surprise cabaret.

La joie tragique Par Laurence Cazaux
Le Matricule des Anges n°73 , mai 2006.
LMDA papier n°73
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