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Domaine étranger Les eaux de la colère

mai 2006 | Le Matricule des Anges n°73 | par Hélène Pelletier

Nulle douleur comme ce corps

Né à Trinidad fort probablement en 1945, Harold Ladoo a grandi sur la plantation de Couva près du village de McBean, parmi les descendants d’Indiens agriculteurs venus au XIXe siècle remplacer les Africains suite à l’abolition de l’esclavage. Après une éducation aussi utile qu’écrasante chez les missionnaires chrétiens, il arriva au Canada en 1968 où il put mener à bien, grâce à quelques rencontres et surtout à son travail acharné, l’ambition d’emprunter la voix de l’écriture et d’être lu. D’une grande honnêteté, d’une extrême violence justifiée, Nulle douleur comme ce corps met en scène une famille de planteurs de riz faisant face, en saison des pluies de l’année 1905, à la cruauté d’un père que ses quatre enfants (Balraj, l’aîné chasseur de têtards, Panday, Rama et Sunaree) comparent avec raison à un serpent. Le décor est menaçant : torrents d’eau, scorpions mortels, fourmis rouges, et la rivière parfois impossible à traverser. Les grands-parents, au son du tambour, s’accrochent aux dieux indiens envers et malgré tout. Sans inhibitions, le narrateur adopte le point de vue d’un enfant, témoin soumis mais rusé de la folie du père frappant la mère, puis de la folie de la mère mangeant de la boue, inconsolable de la mort du petit Rama. Ladoo, que l’on a comparé à V. S. Naipaul, par sa franchise crue, son génie dans l’expression épurée de situations de servitude et de grandes colères, allait droit vers un grand avenir. Il devait cependant retourner à McBean en 1973 aider sa mère mendiante et mourait assassiné par un inconnu à la sortie d’un bar. Son corps fut retrouvé au bord d’un fossé, ce qui, d’un hit and run, boucla cruellement la boucle.
Hélène Pelletier

Nulle douleur comme ce corps
de Harold Sonny Ladoo
Traduit de l’anglais (Canada) par Marie Flouriot et Stanley Péan, Les Allusifs, 157 pages, 13

Les eaux de la colère Par Hélène Pelletier
Le Matricule des Anges n°73 , mai 2006.
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