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Dossier François Maspero
Le témoin engagé

juin 2006 | Le Matricule des Anges n°74 | par Thierry Guichard

Héritier d’une famille d’humanistes disparus aux champs d’honneur, François Maspero est passé de la librairie et de l’édition à l’écriture dans un même mouvement vers la liberté. Conscience libre et debout, il n’a cessé de porter sur notre monde un regard sans complaisance mais non sans révolte.

Pour tracer le parcours de François Maspero il faut posséder des talents d’historien et être un spécialiste des puzzles. Inscrite pleinement dans la seconde moitié du XXe siècle, la vie multiple de cet écrivain épouse les soubresauts de l’Histoire. Enfant résistant durant la guerre, libraire engagé ensuite, éditeur persécuté par la censure, compagnon des mouvements révolutionnaires ou de libération en Algérie, à Cuba, en France, il est expulsé de Bolivie durant le procès de Régis Debray, sera reporter en Chine, observateur dans les Balkans, en banlieue parisienne ou sur la bande de Gaza. Ce qui alors pourrait le caractériser, c’est cette curiosité face au monde et c’est incommensurable besoin de liberté. Pour lui-même, pour nous.
On commence un puzzle toujours de la même façon : il faut repérer les angles et les bordures. Pour tenter de reconstituer la vie de François Maspero, c’est le contraire : il faut partir de ce qui, obscur, en est son centre ; et c’est un espace vide, où les pièces manquantes portent des noms aimés : celui du père, celui du frère. Ce trou noir a déjà beaucoup alimenté son œuvre. À commencer par son premier livre, Le Sourire du chat, une confession autobiographique déguisée en roman : « Ce qui suit, nous dit l’avant-propos, est sous-titré roman parce que, tout ce qui y est relaté étant à peu près imaginaire et rien ne l’étant pourtant tout à fait, la seule chose sûre est qu’il ne s’agit en aucun cas d’une autobiographie ». C’est son histoire que raconte Le Sourire du chat « mon fonds de commerce » dit-il avec cette autodérision qui lui tient lieu de pudeur ; la fiction ne vient pas ici mentir, elle essaie, au contraire, de toucher à une réalité indicible.
« Tout en moi affirme que je suis né le 24 juillet 1944, à l’âge de douze ans et demi. En guise de sage-femme, je vois, puisque j’ai ce privilège de me souvenir de ma venue au monde, le visage d’un agent de la Gestapo. Le cri de la naissance, celui qu’en cet instant j’ai refoulé, reste enfermé en moi. » Quand, dix-huit ans après son premier roman, l’écrivain livre dans Les Abeilles et la guêpe une partie de ses mémoires (il lui reste tant de choses à raconter), François Maspero revient au plus près d’une scène traumatique qui allait se prolonger, dans l’angoisse et l’attente, la tristesse et la solitude, de longs mois.
Ce n’est pas par hasard que l’enfant se trouve, ce jour-là, face à un agent de la Gestapo. Son frère Jean (« Antoine » dans Le Sourire du chat) vient de commettre son troisième attentat contre un officier allemand. Jean a 19 ans, il est promis à de brillantes études, aurait dû passer le concours de l’École Normale Supérieure sans difficulté. Mais l’Occupation, la guerre, le débarquement allié en ont reporté l’échéance. « Jean manquait de pondération. Cette année-là, il lisait Stendhal et tint absolument à me faire partager son exécration du juste milieu » (Les Abeilles et la guêpe). Communiste de cœur, il attend de la guerre finie et...

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