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Dossier François Maspero
L’aimant de l’Histoire

juin 2006 | Le Matricule des Anges n°74 | par Thierry Guichard

François Maspero rend compte, avec pudeur, des paysages d’une histoire, la sienne et celle des autres, marquée par un humanisme pessimiste et une fidélité aux siens.

François Maspero prend les devants. Plutôt que d’avoir à répondre sur son travail, il commence d’emblée par évoquer les photographes avec lesquels il a travaillé, Anaïk Frantz, Klavdij Sluban. Il trace le portrait de son ami disparu l’écrivain algérien Sadek Aïssat auquel Le Vol de la mésange est dédié. Il cite le cinéaste Chris Marker. L’homme parle plus volontiers des autres que de lui-même, par générosité sûrement, mais par gêne aussi. Comme si le « je » lui était obscène. Ce « je » n’existe qu’en présence de l’autre, ne trouve ses fondations que dans l’altérité. Les rencontres, dans les livres de notre hôte, forment comme une chaîne qui relie l’auteur à ses personnages, le narrateur à ceux qu’il croise, ses amis aux lecteurs, et peut-être l’homme à lui-même, dans ce lieu de l’écriture qui permettrait, idylliquement, l’adéquation au monde et à l’Histoire.
« Parmi mes rencontres les plus récentes, il y a eu, en sortant de la bande de Gaza, celle avec Eyal Sivan et Michel Khleifi qui tournaient, en Israël Route 181. Le film suit le tracé de ce qui aurait dû être la frontière entre Israël et la Palestine si la résolution 181 de l’ONU avait été respectée. Mais le titre est aussi une référence à Route One / USA du grand cinéaste américain Robert Kramer. C’était beau de voir leur manière de filmer, cette volonté de prolonger les entretiens pendant des heures pour arriver à faire sortir aux gens rencontrés sur la route, c’est-à-dire aux Israéliens arabes ou juifs, ce qu’ils avaient vraiment en eux. Ça enrichit énormément de ne pas voyager seul. Anaïk, Klavdij, Eyal ou Michel, par exemple, sont des gens qui savent lire ce qu’ils voient : il y a une surface, un paysage, mais qu’est-ce qu’il y a derrière ? Il y a des gens, mais quelle est leur histoire ? N’importe quel paysage, dès qu’on commence à le dessiner, on commence à comprendre son histoire, de la préhistoire à la dernière guerre ou à l’arrivée des « rurbains ». J’aime cultiver un questionnement devant ce que je vois et entends. Je l’ai souvent dit : ne pas être un étonnant voyageur mais un voyageur étonné.
Ici, où je vis aujourd’hui, il arrive que les strates historiques qui rejoignent ma propre histoire deviennent trop lourdes. Par exemple, sur le plateau par lequel nous sommes passés en venant de la gare du RER, j’arrachais les pommes de terre en 43-44. Il y avait des pommiers et les Messerschmitt de l’aérodrome proche s’entraînaient au rase-mottes. Ils passaient si bas qu’ils devaient redresser devant les pommiers. Et nous nous couchions sur les sillons… »


L’idée qu’il faut dessiner un paysage pour savoir le lire, on la retrouve dans la troisième nouvelle du Vol de la mésange où le père de Luc l’explique à son fils.
Cette nouvelle, je l’ai écrite il y a dix ou quinze ans parce que j’avais trouvé que dans Le Sourire du chat j’avais rendu tout le monde trop beau, trop gentil. Je voulais donner un portrait de mon père plus proche de la réalité, je ne voulais...

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