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Essais Cent ans de mexitude

février 2007 | Le Matricule des Anges n°80 | par Thierry Guichard

Le tour d’un siècle littéraire au Mexique en une anthologie raisonnée : c’est une bonne façon de voyager. Au-delà de Rulfo ou Fuentes.

Cent ans de littérature mexicaine

Le livre est impressionnant et vaut son poids en tequila. Plus de quatre-vingts poètes, romanciers, essayistes, chroniqueurs ou dramaturges y dressent un panorama de cent ans de littérature mexicaine. On y entre avec Ramón López Velarde, poète né en 1888, on en sort avec Eduardo Milán, autre poète, né en Uruguay en 1952 et exilé au Mexique en 1979. Entre les deux, on aura croisé les plus grands écrivains mexicains du siècle : Alfonso Reyes, Juan Rulfo, Carlos Fuentes, Octavio Paz, Salvador Elizondo, Sergio Pitol, Elena Poniatowska, José Agustin, Álvaro Mutis… C’est donc une anthologie des « indispensables » que nous livrent aujourd’hui les éditions de La Différence et Philippe Ollé-Laprune. L’ancien directeur de collection de La Différence (de 1990 à 1994) explique la méthode choisie dans un avant-propos concis et clair. Il s’agit bien de donner à lire, à un public non averti, l’essentiel de ce qui s’est écrit au Mexique en un siècle de littérature, en langue espagnole (précision utile puisque le rappelle Ollé-Laprune, le Mexique recense, selon les définitions adoptées, entre 62 et 295 langues).
Notre guide ouvre chaque période historique d’un court texte évoquant un courant, une école, une sensibilité puis, pour chaque auteur convoqué, il propose une note biographique très courte et axée, bien entendu sur l’œuvre. Le livre se veut donc largement plus une anthologie qu’un essai, même si les deux se mêlent : « L’idée de base est de laisser la parole aux écrivains mexicains, d’essayer de faire en sorte que les voix littéraires dégagent une espèce d’histoire de cette littérature. Donc disposer quelques textes jalons sur le chemin de la lecture… » Un choix qu’on peut regretter peut-être, tant l’envie, rapidement, vient d’en savoir, sur chacun, un peu plus. On se reportera alors à la volumineuse bibliographie (48 pages serrées) proposée au terme du voyage.
Il y a, en fait, deux façons de lire ce livre : dans la continuité pour que le pari de l’auteur fonctionne et qu’on sente, au fur et à mesure de la lecture, se mettre en place une atmosphère, des couleurs, des thèmes qui mettent au jour la culture mexicaine, ou comme un usuel précieux et incitatif.
Philippe Ollé-Laprune, responsable du Marché de la poésie de Paris de 89 à 94, directeur du Bureau du livre à l’ambassade de France au Mexique jusqu’en 98 vit donc depuis treize ans à Mexico. Il y dirige aujourd’hui la Casa Refugio Citlaltepetl, « maison refuge » née du Parlement International des écrivains. Il y reçoit des auteurs réfugiés en résidence, publie une revue trimestrielle Lineas de fuga, organise des cycles de conférences, séminaires, colloques. Joint par courrier électronique, ce Parisien de naissance estime que cette anthologie est le fruit de « plusieurs années de lectures. Je connaissais plutôt bien la littérature mexicaine depuis mon séjour au Honduras (1985-1987) mais c’est en arrivant ici en 1994 que cela m’a pris. »
Le choix des auteurs et des textes s’est fait selon deux règles énoncées dans l’avant-propos : que les plus grands auteurs y figurent et laisser de côté « la spéculation » sur des œuvres en construction. Ensuite, choisir les textes les plus représentatifs (pour les poètes surtout) ou les plus forts, privilégier la nouvelle à l’extrait de roman. « Certains ont de nombreuses pages (comme Galindo) sans que cela signifie qu’ils ont une place plus importante qu’un autre, mais parce que leur texte est très bon, le meilleur qu’ils aient produit… »
Pour les plus connus des romanciers, Philippe Ollé-Laprune a choisi de donner à lire le texte le plus brillant à ses yeux. Et de citer Aura de Carlos Fuentes (« On comprend mal la suite de l’œuvre… »).
Il faudrait être vraiment un spécialiste de la littérature mexicaine pour ne pas faire ici de découvertes. Les écarts sont grands, parfois, d’une école l’autre, marqués par des fractures nettes dans l’esthétique et la pensée, mais les passerelles sont nombreuses entre notre littérature hexagonale et celle venue de Mexico. On trouve ainsi, au fil du siècle, des références à Baudelaire, Gide et aujourd’hui… Houellebecq (Enrique Serna).
À consommer accompagné d’un verre de tequila (qu’on devrait se résoudre à mettre au masculin)…

Cent ans de littérature mexicaine de Philippe Ollé-Laprune, La Différence, 847 pages, 45

Cent ans de mexitude Par Thierry Guichard
Le Matricule des Anges n°80 , février 2007.
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