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Dossier William Cliff
Jouissifs carcans

mai 2007 | Le Matricule des Anges n°83 | par Thierry Guichard

La poésie de William Cliff naît d’une tension entre la forme fixe et autoritaire qu’il se donne et le désir sans frontière de libérer la parole. Pour se dire, et être reçu.

On ne peut s’empêcher de ressentir, à lire la poésie de William Cliff, quelque chose comme une nonchalance venue des vers eux-mêmes. Qu’ils nous parlent de la rue, des « crapules », qu’ils évoquent l’amour ou le sexe, les poèmes s’offrent dans une distance, parfois ironique, parfois désabusée. C’est comme si chaque vers poussait de sa rime l’avancée du sens. Une sorte d’esprit d’escalier que la rime soit riche, pauvre ou absente. Un vers en entraîne un autre qui se doit de se clore en une sonorité annoncée. Le sens de ce qui est à dire se contorsionne un peu ou joue joliment de la contrainte. Ainsi, exemple éclatant, dans le très beau Conrad Detrez que le poète a écrit en hommage à son ami écrivain : « as-tu connu le Paradis / réponds ! frère abîmé dans la poussière/ et si tu l’as connu fallait-il dis/ laisser ces écrits pleins de la misère/ (ici me manque le cinquième vers)/ où tu fus de flatter le bas bétail ? »
Autre façon, pour Cliff de s’affranchir des règles qu’il se fixe pourtant : la césure au cœur d’un mot dont une syllabe permettra à la rime de se réaliser. On en trouve encore un spécimen dans son nouvel opus, Immense existence : « vous n’avez pas su qu’il fallut/ payer très cher pour vous nourrir/ adieu ! je vous laisse le lu-/ xe de gérer mon souvenir ». Outre l’étrangeté immédiate du vers, le procédé implique que la lecture marque, réellement, la fin du vers. Autre technique dérisoire pour atteindre la rime : la paraphrase suffisamment alambiquée pour paraître humoristique. Ouvrons la page 15 de Fête nationale où le poète parle du métier d’écrire : « j’ai allumé la lampe et j’ai souri/ au vieux métier d’étendre avec de l’encre/ des vers qui disent simplement l’envie/ d’écrire un peu les choses de la vie. » Cet exemple n’est certes pas si judicieux que ça, puisqu’ici « encre » ne rime avec rien… Mais on voit combien ces dispositifs du poème jettent un bémol sur ce qui est dit. Un bémol pudique, peut-être, qui évite de trop se prendre au sérieux. Il en va de même de l’absence de majuscules (hormis pour les noms propres) : c’est une façon de ne pas élever la voix, de rester au plus bas. Aux règles rigides qu’il semble se fixer, le poète ne se rend donc pas complètement, comme s’il lui fallait écrire dans le mode déceptif. Car en agissant ainsi, il désamorce le pathos que pourrait générer la confession. D’autant plus que William Cliff, très souvent, écrit à la première personne : « si je dis « je » c’est que c’est mon affaire/ depuis qu’il m’est arrivé de penser/ (la tienne aussi mon semblable mon frère/ qui lis peut-être ces vers entassés)/ d’avoir dit « je » suis-je récompensé/ comme un pêcheur trouve sa récompense/ après qu’il jette dans la mer immense/ son filet pour y prendre du poisson ? » (Journal d’un innocent)
« L’outrance autant que l’ironie et les règles de métrique jouent le rôle du voile de pudeur. La confession ne peut se faire frontalement. »
Le jeu de la contrainte permettrait ainsi de favoriser...

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