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Poésie Lever le voile

juin 2007 | Le Matricule des Anges n°84 | par Marta Krol

Arpèges et paraboles

Doucement mais sûrement, c’est ainsi que Jean Grosjean, décédé l’an dernier à l’âge de 94 ans, nous entraîne dans son monde ô combien inactuel. Parmi les émouvants hommages qu’accueille en son honneur La Nouvelle Revue Française (avril 2007) on apprend qu’il était prêtre, admirateur de Clausewitz, traducteur de la Bible et du Coran, et un « grand expert en soldats en plomb et figurines ». À travers ce recueil posthume, Jean Gosjean apparaît surtout comme l’infatigable scrutateur d’un temps qui traverse choses et personnes. Dans presque chaque texte apparaît une expression signifiant sa fuyante substance (« le fleuve de nos semaines », « les anciens jours », « nous avons vu détaler nos printemps ») ou ses effets inexorables (« des poutres calcinées », « des murs en ruine », « brûler les herbes de sa jeunesse »). Mais le désespoir n’est pas de cette poésie-là, pénétrée d’une grave certitude quant à un autre monde, monde qui est bien qu’il n’existe pas, et qui, constamment, transparaît et fait signe. Si le Dieu vient de temps à autre à être nommé, la liberté est laissée au lecteur de personnifier comme il l’entend cette dimension, pour peu qu’il n’ait pas de l’existence une vision totalement matérialiste, ou aristotélicienne. Car le monde de Grosjean est bien plutôt platonicien, intimement habité, logeant une présence à laquelle il s’agit de se rendre réceptif sans rien escompter d’autre : « Quelques vacances,/ coquelicots tremblants le long des rails/ et le désert des jours. Mais il est dit :/ Je serai avec toi dans la détresse. » Il ne s’agit pas de nier le drame, celui de l’impermanence et de la mort « L’aujourd’hui me visite/ puis il s’en va pas à pas comme un âne/ rue du néant » ; mais il le faut circonscrire dans des limites. Cela au nom d’une conception de la vie où les apparences n’épuisent pas l’être.

ArpÈges et paraboles de Jean Grosjean
Gallimard, 55 pages, 8,90

Lever le voile Par Marta Krol
Le Matricule des Anges n°84 , juin 2007.
LMDA papier n°84 - 6.50
LMDA PDF n°84 - 4.00