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Poésie Dons et abandons

octobre 2007 | Le Matricule des Anges n°87 | par Richard Blin

Le Couteau dans l’étreinte

C’est le deuil de la splendeur que mène Laure Cambau dans le recueil qui fait suite à Et le pourboire des anges ? (L’Amandier, 2005). En quatre parties - Des poissons dans l’âme ; Fumeurs d’arpèges ; Le couteau dans l’étreinte ; Par le trou du silence - dessinant quelque chose comme le cercle carré de (l’impossible) amour, c’est de la violence rayonnante de l’éros, de ses célestes flambées comme de ses lendemains ténébreux, qu’elle témoigne. Des vers travaillés par la force corrosive des instincts, la spontanéité primitive des élans, la saveur clandestine des humeurs. Une manipulation amoureuse et ludique du langage mariée à l’approche musicale des mystères du désir. Avec une grande nudité de gestes, et un sens assez débridé de la perception, Laure Cambau dit ce qui l’habite, ce qui vient briser les horizontalités familières, ce qui l’enflamme ou la défait. « J’ai des étrilles au cœur/ et plus trace de chair/ un brouillon de corps/ brûlé par la lune/ mes fenêtres sont chaudes/ mon sang en sucre/ mes mots en sang/ et je coule à l’envers ». Une façon de saisir par l’image la matière-émotion d’une vie, de conjuguer les essences du plein et du vide, de la perte et des résurgences tout en conjurant l’angoisse de la solitude.
Des poèmes où se mêlent affects et effets, forces d’ordre et de désordre, douceurs sanglantes et foudre gelée. « Il y a juste une urgence/ à trouver la plaie de secours ». Des transfigurations poétiques qui recadrent, reconfigurent, parfois jusqu’à l’hagard, le fusionnel et le sadisme virtuel de tout amour. « Le plaisir brut/ serait-il/ l’unique ouvreur de l’âme… ? » D’incantations luxurieuses en cadastrage onirique d’une âme à l’envers, c’est ainsi la géométrie vivante des allégeances et les entrailles d’une intimité que fore la langue pleine d’échos et de rebondissements d’échos de Laure Cambau. « Scarifiée par des mots bleus/ les oreilles rouges de magie blanche/ je mange les murs/ parfois un lézard me traverse/ la soif ronge mes angles/ et je te bois/ frappé/ sous un soleil de nuit ». Comme un ange qu’on plumerait au cœur d’une affreuse tempête de silence.

Le Couteau dans l’étreinte de Laure Cambau, Éditions Phi/Les Écrits des Forges, 112 pages, 15

Dons et abandons Par Richard Blin
Le Matricule des Anges n°87 , octobre 2007.
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