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Poésie Le poème à sabots

octobre 2007 | Le Matricule des Anges n°87 | par Emmanuel Laugier

Les poèmes de Je, cheval sont de petits bandeaux de proses, tranquilles comme des chemins creux de campagne. Ils sont comme des berceuses. Pas d’embardées, de virevolte formelle, de casse-tête, on avance dans le poème de cette jeune auteure (publiée par Le dé bleu, Cheyne ou Inventaire/invention) comme le cavalier qui s’y sera endormi. Aussi du « je » que sépare d’un « cheval » une seule virgule, au cheval lui-même, toute la question est celle de trouver l’assiette du langage où cheval sans voix et cavalier endormi se retrouveront l’un et l’autre dans le poème. La fonction de la virgule séparatrice est là, elle agit en somme comme une syncope où viennent se séparer deux entités, deux mystères (animal et homme) et se fourcher la voie du langage poétique : « Marcher à côté, sur la route du retour, avec dans les oreilles le pas du cheval, qui va chaud dans le dos, tranquille, et respire. Aller chacun dans sa fatigue, la même, parmi les odeurs mélangées du cheval et de la pluie » en donne la mesure. Le cheval est ainsi la monture de la langue cherchant son arrêt, sa pensée (des fleurs, des ciels, des animaux, etc.), et le moment où en elle quelque chose bascule. La prose d’Albane Gellé, tournant au bout du champ en suivant le versus du sillon, rappelle un peu l’histoire que conta Guillaume d’Aquitaine, à l’aube de la poésie romane : c’est, dit-il, « durmen sus un chivau » que lui serait venu son vers. Mais il faut imaginer que c’est au moment où le cheval s’arrête que l’éveil transporte le cavalier « à contempler pour un instant l’inspiration qui le porte » (Giorgio Agamben) et à se ressouvenir de son vers, de ce qu’un tel arrêt produisit dans sa prose. À ce moment, le poète cavalier ne pense « rien d’autre que sa propre voix », au seul élan qui la conduit, ce que Albane Gellé dit, elle, dans un rythme presque ralenti, par ce : « pas nécessaires les mots dans la bouche d’un cheval pour dire à la barrière que l’homme est attendu ». Pas nécessaires, car une autre langue passe du silence animal à la voix qu’elle ouvre en

Je, cheval d’Albane Gellé
Éditions Jacques Brémond, 75 pages, 15

Le poème à sabots Par Emmanuel Laugier
Le Matricule des Anges n°87 , octobre 2007.
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