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Dossier Marie Cosnay
Juste quelqu’un de bien

avril 2009 | Le Matricule des Anges n°102 | par Thierry Guichard

Grande lectrice précoce, Marie Cosnay aiguise son appétit du monde à une sensibilité aiguë. Son engagement de cœur trouve un écho dans l’ouverture à laquelle ses livres participent. Une disponibilité pour la vie qui ressemble, selon le mot de René Char à « l’amour réalisé du désir demeuré désir ».

À marée montante, l’Adour replie ses eaux sous le pont Saint-Esprit de Bayonne, comme si le fleuve, lumineux dans sa largeur d’estuaire, rassemblait ses souvenirs avant de repartir à l’assaut de l’océan. Il se pourrait que les livres de Marie Cosnay agissent de la même façon. Depuis Que s’est-il passé ? son premier ouvrage publié en 2003, l’écriture de la romancière semble opérer un reflux similaire à ce que serait l’embrassement de l’horizon pris au sens propre : ouvrir les bras, et ramener à soi tout ce qui se trouve entre l’infini lointain et son propre cœur.
En six ans à peine, l’écrivain a su imposer son nom en République des Lettres. Encore qu’« imposer » soit un verbe aux antipodes de son lexique. Ses livres poreux comme des poèmes n’affirment rien : ils interrogent. La jeune femme, née ici à Bayonne en 1965, est à leur image. Le regard ouvert, franchement souriante, elle s’étonne qu’on ait réussi à trouver sa maison, perchée au flanc du quartier Saint-Esprit où elle habite depuis cinq ans. Elle propose un café et demande aussitôt si on sait le faire avec sa cafetière italienne dont elle ne maîtrise pas, à l’entendre, le fonctionnement. On ne le lui dit pas, mais on sent que le sang en elle court vite. La veille, et le journal Sud-Ouest en témoigne sur presque une page, elle était l’invitée des « Rencontres de Bayonne » à l’occasion de la sortie de Noces de Mantoue et surtout Entre chagrin et néant qui restitue une partie de ce qu’elle a vu en assistant aux séances du Tribunal de Grande Instance de Bayonne où des étrangers sans papiers sont présentés en vue de leur expulsion du territoire français. À l’issue de la rencontre, les organisateurs lui ont proposé d’aller boire un verre : « j’ai dû refuser. Ça m’aurait plu pourtant, mais j’avais le cœur qui s’était emballé et j’avais peur que mon corps me lâche. » La lecture de ses livres laissait supposer une hypersensibilité telle qu’on se demandait si l’écriture n’était pas comme une peau protectrice sans laquelle il lui serait impossible d’être au monde.
Pour autant, Marie Cosnay ne se tient pas à l’écart de son temps. Engagée dans l’écriture, la traduction de textes antiques (grecs et latins), elle l’est aussi dans la politique et le social. Membre du parti Abertzaleen Batasuna (que notre ministre de l’Intérieur ne porte pas dans son cœur), elle milite pour le droit de vote des étrangers, s’est présentée sur la liste Baiona Berria aux dernières élections municipales, soutient la création d’une chambre d’agriculture basque interdite par le pouvoir. On l’imagine forcément en pasionaria basque, parlant l’euskara avec le feu aux joues, connaissant chaque recoin du Pays Basque. On verra qu’elle suit des cours de basque mais qu’elle n’ose l’employer et que pour aller de Bayonne à Tarnos, sa banlieue, elle se perd immanquablement.
Si elle est née à Bayonne, c’est dans le département voisin des Landes qu’elle a grandi. D’abord à Saint-Vincent-de-Tyrosse puis à...

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