La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Dossier Marie Cosnay
L’autre, le même

avril 2009 | Le Matricule des Anges n°102 | par Thierry Guichard

Les deux livres de Marie Cosnay qui sortent simultanément fouillent une même question, dans deux formes esthétiques presque opposées. Comme s’il s’agissait d’illustrer, dans cette variation formelle, l’idée que la différence conduit à la similitude. Noces de Mantoue est probablement le livre le plus étrange de la romancière. Ici, le « conte » fuit tout code narratif. Disons qu’il y est question (avec les parallèles mythologiques adéquats) d’une femme errante et alcoolique qui laisse derrière elle des corps d’hommes (et d’une femme) morts, décapités. Cette femme-là a un pouvoir d’attraction qui ne doit rien à sa beauté mais qui va fasciner Rémi un architecte qui travaille sur le Palais du Té à Mantoue et Giulio le commissaire qui, à l’arrestation, préfère la compréhension de la fugitive. Il est ici question aussi du corps d’un enfant mort, souvenir obsédant qui donne peut-être à l’héroïne l’énergie de traverser les Alpes. Il y est question beaucoup de l’eau (celle d’un lac autant que celle qui recouvre, sous forme de brume, la ville de Mantoue). Mais il faut vite abandonner le fil narratif, trop ténu pour servir de rampe au lecteur qui plonge dans cet univers onirique. Ce sont des images qui s’enchaînent, comme en un collage plus cubiste que surréaliste : le roman agit alors comme une succession de bains dans quoi on abandonnerait nos peaux, dans lesquels on se déshabillerait de notre part sociale, pour nous dissoudre dans l’émulsion de ces phrases qui accrochent une compassion universelle. « (…) c’est un tout premier jour, elle se lève, elle connaît les arbres, les ciels du matin, ce que l’on touche est poreux comme un ciel, une peau moirée qui ne sépare pas mais unit, elle se laisse parfaitement regarder (…) il regarde, elle sourit comme si elle pouvait quelque chose pour lui, dans sa situation de désastre si elle pouvait quelque chose pour lui, le sourire balaie le vin, elle essuie sa bouche avec un pan de chemisier qu’il lui tend, se courbant, qu’il reprend, elle repose, parle, il écoute immobile. » Le livre im
Entre chagrin et pitié progresse à l’opposé dans un dénuement rhétorique. Il s’agit ici de porter témoignage des comparutions d’étrangers sans papiers auxquelles l’écrivain a assisté chaque semaine, entre mai et octobre 2008, au Tribunal de Grande Instance de Bayonne. Dire ce qu’elle y a vu, ce qu’elle y a entendu et les interrogations qui naissent d’un présent qui nous marque, nous Français, d’un sceau honteux. Pour ce faire, la romancière s’est effacée (mais pas totalement) pour porter sa voix au plus près de ces destins aux récits impossibles. Des portraits nous sont donnés, emplis d’une humanité qui indique à quel point cet autre qu’on brise nous ressemble. On sort de ce livre avec une envie de crier, en même temps, et c’est son paradoxe, qu’on éprouve une sorte de joie ou de plaisir à avoir rencontré un moment vrai de notre époque. La question de la langue y est primordiale : du réel impossible à comprendre d’une...

Cet article est réservé aux abonnés.
Auteurs, critiques, interviews, dossiers thématiques: découvrez tous les contenus du Matricule des Anges.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

LMDA papier n°102
6,00 €
LMDA PDF n°102
4,00 €