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Poches Déraison

octobre 2009 | Le Matricule des Anges n°107 | par Thierry Guichard

Journaliste athée autant qu’azimuté, le narrateur de Déraison a fzui son pays où il se sentait menacé. Recueilli par son ami Erick au Guatemala, il accepte un travail temporaire : lire, corriger et arranger les témoignages d’indiens guatémaltèques victimes des atrocités et de la torture des militaires quelque dix-sept ans auparavant. Réunis par une équipe internationale hébergée dans le palais archiépiscopal de la capitale, ces témoignages sont écrits dans une langue orale marquée au fer rouge de la folie, comme si l’horreur avait posé des cicatrices sur la syntaxe même. Notre homme suffoque vite à la lecture de ces récits dont il note certains passages comme s’il s’agissait de poésie pure. Rien de tel pour alimenter plus encore une paranoïa croissante que contrebalance chez lui une libido machiste. Le Hondurien Horacio Castellanos Moya (salvadorien d’adoption) ne conduit pas son roman vers là où l’on s’attendrait qu’il aille. Puisant au registre de la comédie, il déploie un phrasé loggorhéique pour mettre en scène la folie de son personnage. Les scènes de sexe, avec une belle Espagnole sexy à damner les saints mais dont les pieds dégagent une puanteur apocalyptique, rehaussent la loufoquerie surréaliste dans quoi notre homme semble s’enfoncer. Au cœur de cette comédie-là, les témoignages de viols, dépeçages, émasculations, tortures psychologiques et physiques ancrent une Histoire insoutenable. On peut regretter les effets de manche de l’auteur, ces répétitions exponentielles à la Thomas Bernhard mises au service d’un burlesque qui s’en trouve plombé. Mais on ne peut pas s’empêcher de s’interroger sur la façon avec laquelle l’auteur mêle l’insoutenable au risible, comme pour dire que le pire est le propre de l’homme.

DÉRAISON
DE HORACIO
CASTELLANOS MOYA
Traduit de l’espagnol par Robert Amutio
10/18, 140 pages, 7,90

Déraison Par Thierry Guichard
Le Matricule des Anges n°107 , octobre 2009.
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