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Textes & images La nuit sexuelle

octobre 2009 | Le Matricule des Anges n°107 | par Gilles Magniont

La Nuit sexuelle

Je n’étais pas là la nuit où j’ai été conçu « , dit l’avant-propos. Freud parlerait de scène primitive là où Quignard préfère le terme de nuit, puisque ce dont nous procédons eut lieu avant nous, et reste nécessairement invisible à notre regard. Mais tout revient à cette nuit, à ses postures comme au » fond de teint sanglant « de l’homme… Paru il y a deux ans, ce livre est aujourd’hui réédité en poche ; du coup, les reproductions font un peu mal aux yeux, et cela permet au moins d’envisager l’œuvre indépendamment de ses vapeurs bibliophiles. Nous sommes en terrain connu : il est question des sexes qui fascinent, du langage qui défaille, de l’interdit, de l’infans, du jadis, de la nuit utérine, de l’effroi, des contes antiques, bibliques, chinois. Tout semble donc ramener à d’autres livres de Quignard, et l’on retrouve encore ce qui chez lui peut lasser, comme la manie des dénombrements ou les vagues incontrôlées de définitions. Mais le meilleur est là aussi, notamment cette manière souvent captivante de convoquer les éléments d’une érudition pour leur faire exprimer une obsession - relevons par exemple que le chapitre 19 agence fiévreusement le con de Courbet, un équivalent latin au verbe français rabougrir, Les Rapaces d’Erich Von Stroheim, une eau-forte du XVIIe siècle. Mêlant les créations célèbres aux raretés et aux anonymes, l’iconographie échappe par bonheur au cabinet inutile des curiosités. Si Quignard rassemble dessins, estampes, peintures, s’il compose un recueil de scènes obscènes, c’est que ces figurations cernées d’obscurité forment » un refuge pour la scène qui manque « . » Lampadaire, néons, écrans, vitrines, phares sont survenus sur toute la terre en moins d’un siècle " : mais la nuit, mais la sensation nocturne restent tapies dans les rêves et dans l’art. Voilà qui fait ici tout le prix des images, et leur sombre sens.

LA NUIT SEXUELLE
DE PASCAL QUIGNARD
J’ai lu, 220 pages, 6,70

La nuit sexuelle Par Gilles Magniont
Le Matricule des Anges n°107 , octobre 2009.
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