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Poches Hôtel de dream

mars 2010 | Le Matricule des Anges n°111 | par Franck Mannoni

Hotel de Dream

Ce roman réunit trois histoires : un triptyque qui le rend inclassable, entre biographie, récit et essai littéraire. Hotel de Dream raconte les derniers mois de Stephen Crane (1871-1900), un écrivain américain qui se rend en Europe pour y soigner la tuberculose qui finalement l’emportera. Crane se souvient d’une rencontre faite à New York, celle qui lui a permis de connaître Elliott, un ganymède des rues, adolescent prostitué syphilitique, « lèvres carmin, yeux peints au khôl ». Les deux êtres malades échangent quelques mots et Crane, qui a aussi été reporter, ne résiste pas à l’envie d’en savoir plus sur le milieu homosexuel, travesti et inverti de New York. Il en tire quelques pages qu’un mauvais conseil le conduit à détruire : « Ce sont les meilleurs pages que vous ayez jamais écrites, mais si vous ne les déchirez pas tout de suite, sans en garder un seul mot, votre carrière est terminée, définitivement ». L’Amérique prude n’est pas prête aux vérités humaines et sociales. Les procès intentés à Londres à Oscar Wilde pour homosexualité sont encore dans tous les esprits. Lors de son voyage vers l’Allemagne, Crane, épuisé, dicte à sa compagne dévouée, ancienne patronne de maison close, le roman qu’il a jeté au feu, Le Garçon maquillé. Les souvenirs de New York, le voyage vers l’Europe et la genèse de la fiction alternent dans un magnifique travail de construction littéraire. Le style de White glisse sans à-coups, se lovant dans le phrasé de Crane, dépouillé, mais habité, clinique, mais profondément ancré dans la chair : « Une odeur pénétrante d’herbe sauvage et de sperme, douceâtre, presque laiteuse, monta du corps qu’il venait de libérer ». De cette mise en abîme naît une œuvre dont la féminité n’est pas absente, mais où les femmes semblent exclues, « un monde où les hommes aiment les hommes ». Un parfait contrepoint aux romans de Horatio Alger Jr (1832-1899), célèbre et disert moraliste américain, d’ailleurs évoqué dans Hotel de Dream.

hotel de dream
d’edmund white
Traduit de l’américain par André Zavriew
10/18, 236 pages, 7,90

Hôtel de dream Par Franck Mannoni
Le Matricule des Anges n°111 , mars 2010.
LMDA papier n°111
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