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Poésie Puisqu’il est silence

juin 2010 | Le Matricule des Anges n°114 | par Lucie Clair

Puisqu’il est ce silence

Henri Meschonnic nous a quittés il y a un peu plus d’un an (le 8 avril 2009). Poète, essayiste, traducteur, linguiste, il partageait avec Jacques Ancet nombre territoires de la voix - et le lien précieux de l’amitié, qui poussa ce dernier, dès le lendemain, à entamer la composition de ce recueil en prose, au titre en écho au Puisque je suis ce buisson du disparu. Un petit livre sobre, délicat - dont il faut découper les pages avec précaution - tout en larmes contenues, joie et chagrin en épousailles déchirantes. Joie de l’avoir connu, chagrin de le perdre. Incantations - au sens de l’invitation au chant - à la présence de l’absent, en offrande au mystère de la permanence d’une existence, au vertige de la plongée dans le deuil, lorsqu’on se dit « qu’il y a trop de lumière pour tant de noir ».
L’ombre et la lumière ciselées, souvenirs et mirages entremêlés : « Il disait : C’est mon ombre / et pas mon ombre / que je vois. Aucune ombre aujourd’hui pour voir avec lui. La pluie tombe sur les feuilles, efface ce qui brille. Le jour est pâle, comme s’il veillait, la tasse vide, la main absente. Sur les livres, son nom s’est arrêté. » L’hommage est pudique et puissant - on se dit aussi que l’amitié entre ces deux là était de cette eau-forte, un lien qui ne se brise ni devant la maladie et son effroi (« comment le reconnaître s’il n’a plus de visage ? »), ni face au silence si souvent évoqué par le poète, en contraste au legs de son rire « de partout », bouleversant, emportant, un rire grâce auquel « on y voyait mieux ».
De ce lien, de cet héritage, nous vient ce splendide cantique tout de tendresse retenue, de belle fraternité « avec sa voix qu’on a là, dans la bouche, et qu’on entend, même si elle se tait ». Une « voix, qui, au bord de dire : adieu, murmure - on l’entend distinctement : Vous n’êtes pas sérieux. On ne dit adieu à rien ».
Lucie Clair

puisqu’il est silence

de jacques ancet
Lettres vives, 61 pages, 12

Puisqu’il est silence Par Lucie Clair
Le Matricule des Anges n°114 , juin 2010.
LMDA papier n°114
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