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Histoire littéraire Suivre Fargue

octobre 2010 | Le Matricule des Anges n°117 | par Didier Garcia

Voici donc l’ultime promenade parisienne de Léon-Paul Fargue (1876-1947) et le dernier texte qu’il donna de son vivant, en 1947, dans deux livraisons de La Nef, quelque trois mois avant de s’éteindre. Après s’être essayé aux grands excitants de son époque ainsi qu’aux sujets dominants d’intérêt (par exemple la mécanique), Fargue s’en retourne aux rues de Paris, « plus chaudes et plus éternelles que ces engouements et inventions ». Son excitant à lui, c’est l’existence flâneuse, la seule capable de le ramener vers ces kiosques devant lesquels toute la société défile comme elle le ferait devant un temple, de la midinette au professeur, du poète à l’officier, de l’évadé à l’artisan. L’âge pesant désormais sur tout son corps (Fargue se trouve alors cloîtré dans sa chambre), c’est dans sa mémoire qu’il redevient le piéton qu’il était, retrouvant ainsi le temps jadis où Chaillot, Auteuil, Boulogne étaient encore de paisibles villages, et où l’on pouvait apercevoir des marguerites et des chèvres. Plus loin, ses souvenirs l’entraînent sur les Champs-Élysées, ce « pays de majuscules », où les belles sortent pour déjeuner, « parfumer Paris, réconcilier les hommes avec la vie ».
Même si le ton cède parfois à la tristesse (« Je voudrais revivre et non point continuer » – on sent que pour lui la messe sera bientôt dite), Fargue se montre toujours délicieux et tendre, comme il l’était dans Le Piéton de Paris. C’est un régal que de retrouver sa plume de gourmet goûtant, tel un enfant, aux trésors que la capitale lui offre, se délectant ici d’une fourrure, là d’un œil couleur de libellule. La banalité de la vie quotidienne prend avec lui des allures de petits miracles. Et ce ne serait rien si Fargue n’y ajoutait sa générosité, une sorte de fraternité qui l’empêche de tout garder pour lui, qui l’incite à partager ses enchantements, à rappeler qu’il est beau d’être piéton, et à enjoindre au lecteur d’y aller voir par lui-même.

D. G.

Autre Piéton
Léon-Paul Fargue
Fata Morgana, 48 pages, 11

Suivre Fargue Par Didier Garcia
Le Matricule des Anges n°117 , octobre 2010.
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