La lettre de diffusion

Votre panier

Le panier est vide.

Nous contacter

Le Matricule des Anges
BP 20225, 34004 Montpellier cedex 1
tel 04 67 92 29 33 / fax 09 55 23 29 39
lmda@lmda.net

Connectez-vous avec les anges

Vous n'êtes actuellement pas identifié. Pour pouvoir commander un numéro, un abonnement ou bien profiter, en tant qu'abonné, des archives en ligne, vous devez vous connecter avec votre compte.

Retrouver un compte

Vous avez un compte mais vous ne souvenez plus du mot de passe ? Vous êtes abonné-e mais vous vous connectez pour la première fois ? Vous avez déjà créé un compte, peut-être, vous ne savez plus trop ?

Créer un nouveau compte

Vous inscrire sur ce site Identifiants personnels

Indiquez ici votre nom et votre adresse email. Votre identifiant personnel vous parviendra rapidement, par courrier électronique.

Informations personnelles

Pas encore de compte?
Soyez un ange, abonnez-vous!

Vous ne savez pas comment vous connecter?

Poésie Des terrains vagues, variations

mars 2016 | Le Matricule des Anges n°171 | par Emmanuel Laugier

Des terrains vagues, variations

Ce quatrième de livre de Yann Mirallès est sans aucun doute son ouvrage le plus abouti. Les poèmes sont autant de variations, au sens presque musical du terme, mais ils forment aussi une série non-finie, c’est-à-dire un tressage d’éléments disparates de lieux (les abords du Rhône, Montreuil, les usines), de survivances, des plans cinématographiques (de la Dolce vita à Three days jusqu’à L’Évangile selon saint Matthieu, etc.) à la mémoire revenue de l’enfance ou de faits divers collectifs. La première page qui en ouvre le cadre est à cet égard exemplaire, tant elle suppose déjà le hors-champ que tout le livre, en fait, cherche à écrire : « en le terrain vague ils vont / parmi / le terrain vague qui n’a / ni commencement ni fin / on croit / ils sont / deux silhouettes / qui marchent / on les voit / (dans un film) / de dos : deux frères / qu’on devine au fur /de leur peu de paroles / et à mesure / que la fumée des cigarettes / s’envole et avec eux / va (la caméra mouvante / les suit) — puis quand / ils s’arrêtent / que le temps / entre eux / passe  ».
L’inflexion de la langue de Mirallès est saisissable dès le premier vers qui sonne intempestivement (« en le terrain vague…  ») l’annonce d’un récit ancien (presque médiéval), si n’était évoqué plus bas le film vu, le déroulé de la bande sonore de paroles, syncopé entre le « au fur  » et, plus loin, le « et à mesure  » des points lumineux que font des cigarettes dans la nuit… Cette césure, entre la voix et le vu, est la loi de composition interne, discrète mais sûre, de Des terrains vagues… Bien d’autres de ces disjonctions font entendre en concaténation les mouvements aussi rapides que ralentis conduits dans le poème, comme ceux, puissants, du « moment catabase / celui / où se laisser tomber  » et voir, hommage à Pasolini, « le terrain vague page / d’évangile  » d’où ses paroles nous parviennent en halo de joie et de rage.
E. L.

DES TERRAINS VAGUES VARIATIONS
DE YANN MIRALLÈS
Éditions Unes, 40 pages, 15

Le Matricule des Anges n°171 , mars 2016.
LMDA papier n°171 - 6.50 €
LMDA PDF n°171 - 4.00 €