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Domaine étranger Une très belle jeune femme

avril 2016 | Le Matricule des Anges n°172 | par Franck Mannoni

L’ambiance feutrée du premier roman intimiste de Julián López contraste avec son cadre : la dictature argentine dans les années 1970. C’est en effet par le regard d’un homme sur son enfance que cette époque trouble est passée au crible. Toute la nostalgie que ressent le narrateur concerne les moments privilégiés passés avec sa mère, une femme pauvre qui l’élève seule. Admiratif, ébloui par le charme de sa maman, le jeune garçon d’alors fait tout son possible pour échapper aux discussions des adultes. Il se protège de ce qu’il imagine et ne voudrait pas savoir : «  Je m’enfermais dans le petit réduit pendant les moments où ma mère s’absentait, pour pleurer et maudire mon sort ». Que valent une sortie au parc, au zoo, un Noël inoubliable face à l’inquiétude suscitée par les convois armés dans les rues ? Comment réagir face à ces coups de téléphone répétés qui semblent inquiéter toute la maisonnée ? Omniprésente dans les silences et les non-dits, la dictature en devient d’autant plus terrifiante qu’elle transparaît en filigrane. L’enfant adopte des stratégies de défense : « J’étais devenu expert pour ce qui était de savourer les choses fugaces  ». Les adultes, eux, supportent le quotidien comme ils le peuvent. Pendant qu’Elvira, la voisine aux bigoudis, se laisse happer par la « Gorgone cathodique », la mère, elle, se plonge dans Cent ans de solitude de Gabriel García Márquez. Parfois, le simple déchiffrement des mots, indépendamment du sens, suffit pour atteindre l’oubli de soi.
Composé de multiples souvenirs reconstruits, ce récit réalise un beau tour de force : être politique sans parler de politique. Aucun chiffre, aucune date, de très rares allusions à des événements historiques, mais une dénonciation permanente, au second degré, des régimes autoritaires et du climat de terreur qui les accompagne. Le parcours d’une très belle jeune femme et d’« un être brisé » comme un étendard de la liberté.
F. M.

UNE TRÈS BELLE JEUNE FEMME
DE JULIÁN LÓPEZ
Traduit de l’espagnol par Roland Faye,
Christian Bourgois éditeur, 171 pages, 12
e

Le Matricule des Anges n°172 , avril 2016.
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