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Histoire littéraire Olivia

juillet 2016 | Le Matricule des Anges n°175 | par Thierry Guinhut

Encore une histoire d’amour, nous direz-vous… Mais dans un milieu exclusivement féminin. Depuis peu, le nom de l’auteur figure sur la couverture de ce récit paru en 1949, puis aussitôt traduit et adapté au cinéma. Dorothy Bussy, dont c’est l’unique ouvrage connu, le publia ainsi : Olivia par Olivia. Probablement la dimension autobiographique autorisa la pudeur de cette sœur de Lytton Strachey, de cette amie de Virginia Woolf. Bien vite il devient une icône secrète du monde lesbien.
À 16 ans, une adolescente anglaise vient étudier en France. Lorsqu’elle entend Mademoiselle Julia, directrice de l’école, lire Racine, elle succombe à l’admiration la plus passionnée : « Le voile qui, jusque-là, dissimulait le drame des passions humaines, venait de subir sa première déchirure ». Ainsi la montée d’un amour qui ne connaît pas son nom s’accompagne d’une vaste initiation culturelle dans le Paris du début du XXe siècle. Mais auprès de Julia, intrigues et jalousies se nouent : Cara, son originelle amie, est une malade imaginaire que Frau Riesener tend à écarter de son affection. En cette partie d’échecs sentimentale, s’ajoutent Laura, la Signorina, et bientôt Olivia elle-même, nouvelle préférée, car elle « l’aime autrement ». Pourtant, intérieurement étreinte de la passion, Olivia n’en caressera que le rêve impossible, malgré la mort – ou le suicide – de l’insupportable Cara… Pur amour et perversité s’entremêlent alors : « Pourquoi cet inextricable enchevêtrement du bien et du mal ? ».
En ce beau texte indéniablement postromantique, le lyrisme est d’une sensualité sans mièvrerie aucune, le pathétisme et le tragique sont sans pathos excessifs. Et bien qu’il fît scandale à sa parution, l’érotisme n’est que suggestion, néanmoins d’une rare intensité. En 1966, Thérèse et Isabelle de Violette Leduc offrit des amours de collégiennes plus salaces.
Thierry Guinhut

Olivia
de dorothy bussy
Traduit de l’anglais par Roger Martin du Gard et l’auteur, Mercure de France, 144 pages, 14,50 e

Le Matricule des Anges n°175 , juillet 2016.
LMDA PDF n°175
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